souriez vous êtes filmés
Film sorti d'un esprit original, Je Regarde s'inspire du Cinéma Direct pour réveiller le voyeur qui sommeille en nous.
Le scénario semble presque un prétexte face au regard inquisiteur qui ne lâche pas d'une semelle nos deux protagonistes. Leur quête quasi spirituelle laisse un peu perplexe mais l'utilisation habile de la caméra, couplée à un script sans fioriture, déporte notre attention vers le jeu d'acteur lui-même. La troublante confusion entre la fiction et la réalité a pour ma part agi comme un leurre ; au septicisme initial, se substitue peu à peu une sorte de curiosité, qui n'est ni celle du badaud (car non-événement), ni celle finalement du voyeur (car l'action filmée n'est jamais transgressive). Le film m'a absorbé au sens quasi-chimique où je finis par prendre place auprès des acteurs, le jeu mobile de la caméra nous offrant cette possibilité illimitée de camouflage.
Après visionnage - et seulement après tant l'attention requise endort l'esprit critique - on se demande si l'auteur ne vient pas de nous jouer une longue farce : le film commence à la fin, quand il ne nous reste que ce goût d'inachevé et cette envie indicible d'écrire notre propre partition.
Créée
le 28 juil. 2026
Critique lue 37 fois




