C’est une réalisation de Maximiliano Schonfeld qui s’est inspiré de plusieurs deuils vécus afin d’écrire le scénario en compagnie de Selva Almada.
Bienvenue en Argentine, ce pays, connu pour sa viande bovine exceptionnelle, va cette fois être remarqué par Jesús López. On va donc se familiariser avec ce style chaleureux et profond. Tout cela dans des paysages qui régale. L'introduction permet de découvrir durant quelques secondes Jesús avant le drame. S'en viendra ensuite l'évolution de son cousin Abel.
Cela pourrait sembler peu de consacrer uniquement deux courtes scènes à Jesús. Seulement, on va se rendre compte que c'est suffisant pour cerner le personnage et comprendre l'héritage qu'il va transmettre. On a là un des enjeux importants de ce drame. Abel va devoir porter la mémoire de son cousin. Lui, qui est plutôt de nature timide et discrète, n’aura pas d’autres choix que d’assumer l'héritage moral d'un homme aimé de tous. Pour autant, Jess n'était pas un enfant de chœur et cela peut mener Abel sur une pente glissante.
Il est donc très intéressant de voir la psychologie d'Abel qui est tiraillé entre sa façon sa nature, et celle de son cousin. On se rend compte que celui-ci avait la vie dont Abel rêvait, notamment à cause de sa popularité. Finalement, cette mort est un deuil qui se transforme pour lui en opportunité de prendre la relève. Le comportement de sa famille et de ses amis va rajouter une couche pour le perdre dans la voie à suivre.
Joaquin Spahn va vraiment être excellent dans ce rôle. On sent son dilemme par son langage corporel. Les quelques passages où Jesùs, joué par Lucas Schell, va prendre la place d'Abel, sont vraiment intéressants. Symboliquement, c’est très fort. On en vient à un point où Abel ne sait plus s'il est lui ou s'il est Jesùs. Pour ne rien gâcher, Lucas Schell est tout aussi bon que Joaquin Spahn.