Pour leur huitième collaboration, Jean Girault embarque Louis de Funès dans une histoire surprenante puisqu’il s’agit, de prime abord, d’une intrigue policière dans laquelle ce dernier tue quelqu’un et doit se débarrasser d’un cadavre forcément embarrassant. Après deux films pas très convaincants tournés sous la direction de Serge Korber, de Funès revient dans une zone de confort avec une équipe qui le connait sur le bout des doigts et réciproquement. Cette adaptation d’une pièce de théâtre évoque, par ailleurs, à bien des égards Oscar ou Pouic pouic même si le sujet est totalement différent. La comparaison avec Jo se fait, bien entendu, sur le rythme, l’unité de lieu et d’action, et sa galerie de personnages qui vont et qui viennent avec fracas comme le veut le langage dramaturgique. On est clairement ici dans la tradition de la comédie de boulevard qui enchaîne les quiproquos dans une ambiance totalement burlesque mais également cynique (l’humour noir n’est jamais loin).


Autour d’un de Funès déchaîné qui gesticule et cabotine comme un beau diable, les personnages secondaires hauts en couleurs se succèdent sur la base d’un comique de répétition qui fait toujours mouche : la bonne qui rit grossièrement, l’acheteuse anglaise potentielle de la maison qui ne pense qu’à boire, l’agent immobilier et son « tut tut », l’ami avocat jamais avare de bons conseils et, bien sûr, Michel Galabru en artisan incompétent et Bernard Blier en commissaire suspicieux. La réussite de ce Jo au scénario qui, clairement, se délite au fur et à mesure que le temps file, repose sur les ressorts comiques de ses différents personnages et la toujours impayable verve comique de sa vedette et des duos qu’il forme avec les différents seconds rôles.


On a droit, comme toujours, à une belle enfilade de gags propres aux films du duo Girault – de Funès que ce dernier d’ailleurs souvent imaginait (comme ici, par exemple, celui du canapé). Claude Gensac est, par ailleurs, explosive en femme amoureuse qui veut aider son mari à tout prix. Si l’intrigue n’est pas maîtrisée (et c'est dommage) jusqu’au bout et si la fin est trop grossière pour être convaincante, on a là une très bonne comédie qui bénéficie, en outre, de l’excellente partition de Raymond Lefèbvre.

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le 31 août 2021

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PIAS

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