Au moment où j’écris, John Wick est vu, aux Etats-Unis, comme un renouveau. La nouvelle référence du cinéma d’action/combat après l’ère Jason Bourne et ses cuts ultra courts, sa shaky cam qui filme au plus près des acteurs. Dans John Wick les plans sont redevenus un peu plus longs, et on voit un peu plus l’ensemble de l’action, ça demande une chorégraphie plus poussée et un peu plus de travail pour l’acteur qui ne peut plus autant tricher. C’est une nouvelle ère qui commence.
Voilà, waouw génial non ? Non, c’est de la merde. En réalité, ce qu’on avait gagné en rythme avec Jason Bourne et qui a été copié à outrance depuis, on l’a perdu avec l’effort qui est fait dans John Wick pour rendre la scène plus esthétique et plus « performance d’acteur ». Effort louable sur le principe, mais qui ne paie pas.
Et malheureusement, si malgré ça John Wick est le nouveau mètre étalon du cinéma d’action américain cela prouve bien que le niveau d’exigence est assez médiocre. On nous vend probablement plus la performance d’un acteur qui prend des risques et travaille d’arrache pied pour préparer une scène (à la manière de Tom Cruise et ses cascades dans Mission Impossible) plutôt que la qualité des scènes en elles mêmes, qui finalement n’ont rien de particulièrement originales aujourd’hui.
Par contre, il existe du cinéma d’action/combat extremement réussi, et pourtant plus confidentiel auprès du grand public : Le cinéma asiatique. Oui je rassemble toute l’Asie dans un même cinéma car on retrouve clairement le même état d’esprit et la même qualité, que le film se passe en Corée du sud ou en Indonésie.
Si vous avez le malheur de voir The Raid, Ip man, Ong-Bak, The Villainess ou les premiers films de Jackie Chan (avant son passage aux USA), vous ne pourrez plus faire machine arrière, impossible de prendre au sérieux la moindre production américaine après ça. Là où les américains trichent en permanence avec des effets spéciaux dans tous les sens, et des coupures à chaque coup donné, le cinéma asiatique met en avant la qualité et la vitesse des combats, sait être original et créatif en utilisant les objets / le décor.
Comme John Wayne qui a été ringardisé par les films de Sergio Leone, le côté éternellement propre et grand public du cinéma américain fait pâle figure face à un cinéma qui veut avant tout être crédible, impressionnant et original, sans compromis. Seul Tarantino (largement inspiré par le cinéma asiatique) a pu forcer la main aux productions américaines et garder la violence nécessaire à son récit, tout en ayant un succès indiscutable.
Mais le cœur du problème est probablement là, faut-il vraiment rendre « grand public » les films de combat/action qui sont par définition violents ? Avec cette approche on rend forcément le résultat insipide, fake, et difficilement original. Ne faudrait-il pas se contenter de considérer que ce cinéma n’est pas pour tout le monde, où tous les âges ?
C’est le paradoxe américain, la promotion d’un monde violent pour petits et grands, et de mon point de vue, ça ne mène à rien.