On passe très rapidement sur l'enfance de Judy Garland. Via quelques flashes on y découvre une enfance volée, une adolescence sous contrôle des studios, privée de nourriture, gavée de stimulants pour tenir le rythme infernal d'Hollywood. Ces quelques instants suffisent à comprendre l'origine du désastre: les addictions, la dépendance aux médicaments, l'alcool...
Mais le cœur du récit se situe ailleurs: dans le déclin. A presque 40 ans, Judy n'a plus vraiment de crédibilité, plus de stabilité, plus de filet de sécurité. Elle survit. Le film se concentre sur ses spectacles au Carnegie Hall de Londres, une sorte de mini-revival devant un public encore conquis, encore amoureux du mythe. Sur scène, la magie opère parfois. En coulisses, tout vacille.
Renée Zellweger porte un rôle extrêmement difficile. Elle ne cherche pas l'imitation parfaite, mais l'incarnation : voix tremblante, fragilité physique, regard toujours au bord de la rupture. Elle joue une femme épuisée, mais habitée par un besoin vital d'être aimée.
Hollywood l'a façonnée puis brisée. Pourtant, elle reste désespérément attachée à ce milieu. La scène est sa seule maison possible. Même abîmée, elle ne peut pas s'en détacher.
Judy est un portrait mélancolique, qui repose presque entièrement sur son interprète principale. Touchant par moments, mais inégal et répétitif dans sa construction.