Yeon Sang-Ho avait fait une arrivée remarquée à l'international avec "Dernier Train pour Busan". Fort de son expérience dans l'animation, le réalisateur sud-coréen avait offert au film de zombies un vrai vent de fraîcheur par sa mise en scène impactante et ludique.
C'est d'ailleurs ce coup d'éclat qui provoqua la déception chez certains devant ses opus suivants "Psychokinesis" et "Peninsula". Mais Sang-Ho avance, soutenu par Netflix et toujours plus prolifique notamment en séries avec l'excellente "Hellbound".
Alors qu'il prépare deux autres séries pour la plateforme 😱, il nous offre aujourd'hui un film de science-fiction stimulant, "Jung-E" ... dont le titre n'a bien sûr rien à voir avec Carl Jung. 🙃
"Jung-E" fera des déçus car il n'est pas totalement le film d'action guerrier et robotique vendu.
C'est en réalité une nouvelle itération sur la question de l'intelligence artificielle et par extension de l'humanité à l'heure où elle se résume de plus en plus aux flux de données qu'elle génère.
Sang-Ho s'inscrit d'ailleurs dans le sillage des classiques du cyberpunk sans forcément plus d'envie de creuser le sujet.
A la place, il utilise cette dynamique pour narrer l'histoire d'une scientifique se retrouvant à perfectionner une machine de guerre qui n'est autre que sa mère. Plus proche de "Robocop" ou de "AI", le film va travailler ce fil émotionnel dans une double émancipation mère/fille assez bien traitée, touchante et relativement inédite dans ses enjeux et sa finalité.
Aimant ménager des surprises, Sang-Ho fait aussi évoluer de manière inattendue sa toile de fond (une guerre civile de l'humanité) pour lentement créer un antagoniste à partir d'un personnage insoupçonné au début.
Bien entendu, il offre aussi de beaux moments de spectacle où son sens de la chorégraphie et de l'action peut éclater. A ce titre, si le film se repose plusieurs fois sur une même séquence, il bénéficie surtout d'un climax généreux et très galvanisant pour les fans d'anime.
Bien rythmé, bien exécuté, "Jung-E" mérite le coup d'oeil !