Dire que Jurassic World n'est pas le meilleur film de l'année, ni de la série tout le monde le sait, tout le monde s'en rend compte, mais j'ai un peu de déception à l'admettre parce qu'au fond j'avais envie d'y croire.
L'humanité n'est pas là où on l'attend nous dit le film. La flamboyante rousse au coeur de pierre, qui ne connait pas même l'âge des ses neveux, est un monstre de froideur, pour qui profit rime avec poésie. Alors que nos amis les vélociraptors eux ont le sens du contact (entre eux, avec leurs gardiens, avec le T-Rex...). Intéressant que la quête du profit à tout prix, critiquée sans trop de subtilité dans le film, n'ait pas permis aux réalisateurs-producteurs de faire un travail introspectif sur leur proposition cinématographique. Parce que le deuxième opus était honnête, plutôt sympa même; que le troisième, bon, quelques trouvailles, mais le vent avait tourné.... En mal d'inspiration, les clins d'oeil au premier opus sont trop poussés pour être honnêtes, les militaires font penser au second volet et les vieilles installations à l'état de nature au troisième. Du coup, on fait un mélange entre les trois et on obtient Jurassic world. Mais sans l'âme du 1er, ni les petites trouvailles des deux autres.
La réalisation n'a aucun intérêt, il ne faut pas chercher de second degré il n'y en a pas, et les dialogues sont vraiment faibles (au-delà des "aaahh", "au secours" et autres cris effrayés qui sont les dialogues les plus réussis du film). C'est pas franchement féministe : alors que dans les précédents opus, il y avait de la doctorante qui savait courir, on a une économiste en jupe (qui se fend inopinément, mais très proprement, jusqu'au haut de la cuisse dès la 20e minute du film) mais qui garde ses talons aiguilles blancs pendant tout le film, courant, sautant, dans la boue. Comble de la vraisemblance d'ailleurs, l'installation du parc (jurassic 1) est là, sous les décombres, avec du matos entreposé, comme si de rien n'était, que la construction d'un parc flambant neuf allait se faire sur les ruines de l'ancien sans prendre le temps de récupérer le matériel qui s'y trouve. Plausible donc.
Les personnages, alors que le film dure quand même deux heures, sont vaguement ébauchés, très caricaturaux. Les scénaristes ont dû se dire que faire courir des gens poursuivis par des dinosaures pendant deux heures c'était un peu court, et qu'il fallait faire illusion en proposant une vague histoire dans laquelle INgen est dirigée par des militaires qui veulent se servir des dinosaures pour faire la guerre. Ils ont dû picoler entre temps, avoir la flemme de continuer à écrire le scénar le lendemain de cuite, tout laissé en plan et, encore bourrés, ils ont envoyé le synopsis à la production qui a pris ça pour le produit fini. En tout cas c'est pas glorieux.
Alors que reste-t-il du coup ? Des dinosaures. Bon, c'est le minimum quand même. L'OGM sur pattes n'est pas vraiment différent du T-Rex, les vélociraptors font moins peur que dans le premier, trop "lissés". Ca tue pas tellement, à part un gros au début (visiblement Hollywood a cessé de vouloir faire mourir les afro-américains en premier dans les films et du coup se reporte sur les gens qui ont un embonpoint ou sur les latinos). Et puis le côté émotionnel à la fin, franchement, stop. J'ai cependant particulièrement apprécié la mort de la "nounou".
Si je ne m'attendais pas à grand chose, je pensais quand même, naïvement (maintenant je m'en rends compte), que peut-être un effort allait être fait. Et puis bah non. Du coup, de frustration, en rentrant, j'ai regardé Jurassic park 1, et ça c'est du film. On a une heure pour que les personnages et l'histoire se fassent. Il y a des pauses, de l'humour, de la bonne poursuite (la scène de la cuisine !). C'était le bon temps ma bonne dame.