Le film souffre énormément de la comparaison avec Douze hommes en colère. On perd ici le charme du huis-clos et la subtilité de certains rebondissements. Par exemple, dans les deux films, on comprend qu'un des témoins ayant reconnu le suspect n'est pas forcément fiable, et qu'il est moins mû par un désir de justice que par un besoin de se rendre utile ou de reconnaissance sociale. Mais là où cette possibilité est seulement évoquée par un des jurés dans le film de Lumet, elle est carrément explicitée par le témoin lui-même dans Juré n°2, et le résultat manque globalement de finesse (on aurait pu le faire comprendre plus subtilement, en montrant par la mise en scène la solitude du personnage, plutôt que de faire passer cette information par une réplique à gros sabots). A part le flic-fleuriste et l'opposant principal, on s'attarde très peu sur le profils des autres jurés, et ces personnages ont tendance à sonner artificiels. Le principe même du film (on sait quasiment dès le début du film que l'accusé n'est pas le coupable) nous empêche de nous mettre à la place du jury qui doit donner son verdict, et décider jusqu'à quel point on peut laisser la place au doute raisonnable.
Le seul intérêt propre du film vient peut-être de la dimension politique du procès, l'avocate générale faisant campagne pour une élection dont l'issue du procès sera déterminante. Son dilemme (doit-elle écarter ses doutes pour gagner le procès et être élue ?) redouble ainsi le dilemme propre au personnage principal (doit-il s'occuper de sa famille ou bien se livrer à la justice et sauver un innocent ?); d'autant plus que la famille de la victime semble avoir décidé que l'accusé était coupable et qu'elle a soif de vengeance.