Dans la lignée de son précédent film La Beauté du geste (Small, Slow but Steady), Sho Miyake reste aussi dans le sillage de Perfect Days de Wim Wenders : un quotidien qui a une présence et une âme, des lieux singuliers, un certain dépouillement sonore, le métier vu comme un rite et un enracinement, dans une opposition au ciel : le komorebi (mot japonais qui désigne la lumière du soleil qui filtre à travers les feuilles des arbres) de Perfect Days, et le planétarium dans Jusqu’à l’aube (All the Long Nights, titre du livre de Maiko Seo dont s’inspire le réalisateur). Autre point commun : tout reste platonique, ce qui permet d’installer une atmosphère d’irréalité qui permet de voir l’autre réalité. [DIVULGÂCHIS] Il est fascinant de voir deux êtres que tout prédestinerait à tomber amoureux restent dans une amitié asexuée et un secours mutuel, ce qui libère d’une tension, ou ce qui la reporte autre part : le quotidien, la beauté du geste et de l’instant. Autre sujet évoqué, la santé mentale : lui atteint de crises de panique, elle du syndrome prémenstruel qui la rend parfois agressive. La mise en parallèle de ces crises avec le calme qu’on nous montre accueillant un tremblement de terre, pourtant une terre qui tremble, suggère qu’on peut rester serein et vivre avec. Bref un film en 16 mm d’un indéfinissable charme, qui fait de l’extraordinaire l’attendu et le normal, et de l’ordinaire, même dans ses gens, le précieux.