Bon, mis à part ”Le Sens de la Fête‘”, je ne suis vraiment pas fan des films du duo Olivier Nakache / Éric Toledano mais, je ne sais pas, celui-ci, en plus d’avoir eu d’excellents retours suite à ses diverses avant-premières, avait un sujet qui me tentait pas mal. Et ce sujet, il est relativement simple, celui d’une petite famille vivant en HLM dans les années 80. Et on y suit plus précisément le benjamin qui vit son premier amour tout en préparant sa bar-mitsvah. Et, encore une fois, c’est simple mais ça fonctionne !
D’une part, le fait que l’histoire se déroule dans les années 80 permet à un public plus âgé de s’identifier plus facilement, de retrouver une certaine jeunesse à travers les personnages des parents ou des enfants, pour ceux ayant grandis durant cette décennie. Pour les autres, ils découvrent en quelques sortes la France des années 80, une France remplie de mixité sociale (on y suit quand même une famille arabo-juive, ce qui est d’ailleurs d’autant plus parlant dans le contexte actuel) mais aussi frappée par de grands changements dans le secteur du travail.
Effectivement, le rêve de plus en plus de pères de familles, pourtant bien installés dans leur société, sont au chômage tandis que les femmes quittent peu à peu le foyer pour faire vivre ce dernier. En fait, en ressort surtout une impression de grande liberté, alors évidemment tronquée par un certain filtre nostalgique et une manière d’appréhender cette décennie de manière majoritairement positive, ce qui fait très « boite à souvenirs » (je pense que le titre y fait d'ailleurs volontairement référence), mais il n’empêche que ça fonctionne !
On prend ainsi plaisir à suivre ces parents qui s’engueulent puis se réconcilient la minute d’après, cette bande de jeunes gamins qui paniquent en louant un film porno au vidéoclub du coin et cet adolescent en pleine crise New-Wave. Et même avec ce filtre nostalgique évoqué plus tôt, le film parait très authentique, notamment grâce à des dialogues très bien écrits et aux très bons acteurs qui les interprètent.
En plus de ça, on soulignera l’excellente mise en scène des deux réalisateurs qui se permettent même quelques moments très inventifs qui sortent du lot et puis bien-sûr l’excellente B.O. qui, malgré une présence assez importante, ne fait pas simple compile jukebox.
Bref, ”Juste une illusion” est donc un excellent film tout simplement, qui donne le sourire autant qu’il n’émeut.