5
le 30 déc. 2013
SuivreVan Damme de pique
Je ne vais pas vous refaire l’historique du film typique d’arts martiaux, avec les jalons posés par Kurosawa dans ses légendes du grand Judo, la tornade Bruce Lee, le Karate Kid de 1984 qui entraîna...
Quand Kickboxer sort en 1989, Jean-Claude Van Damme vient tout juste d’exploser avec Bloodsport. L’industrie le regarde déjà comme le nouveau prince du cinéma d’action, et ce film va sceller son statut de star internationale. Plus qu’un simple film de baston, Kickboxer est un concentré de ce que les années 80 savaient faire de mieux : du style, du muscle, et cette croyance sincère que l’entraînement intensif peut venir à bout de n’importe quel démon, surtout quand il a les cheveux gras et qu’il casse des colonnes vertébrales avec ses coudes.
L’histoire est simple, presque archétypale : Kurt Sloane, interprété par un Van Damme affûté comme jamais, part en Thaïlande pour venger son frère, brisé sur le ring par le redoutable Tong Pô. La suite ? Une initiation spirituelle, des coups de genou dans des palmiers, de l’amour, du sang, et un combat final mémorable dans un temple, pieds nus sur du verre pilé. C’est du mythe grec en short de boxe. Le scénario est cousu de fil blanc, on le sent venir à dix kilomètres, mais on s’en fout — parce que Kickboxer ne joue pas la surprise, il joue l’efficacité.
Là où le film fait mouche, c’est dans son atmosphère. Tourné en grande partie en Thaïlande, il dégage une vraie chaleur, presque moite, entre temples bouddhistes et jungles baignées de soleil. L’entraînement de Kurt, à coups de bambous et de seaux d’eau, évoque les rituels de Karate Kid mais avec la brutalité d’un vrai film de baston. Van Damme y chorégraphie lui-même les combats, et ça se sent : les enchaînements sont fluides, précis, avec une lisibilité qui manque cruellement aux blockbusters d’aujourd’hui. Il est au sommet de sa forme, chaque coup est millimétré, chaque coup d’œil caméra est iconique.
Bien sûr, tout n’est pas parfait. Les dialogues sont parfois d’une naïveté confondante, les seconds rôles un peu plats, et certains moments flirtent avec le nanar pur (on pense à la scène de danse dans le bar, où Van Damme enchaîne les pas de salsa en t-shirt débardeur, manifestement possédé par un démon du groove). Mais ce kitsch assumé fait aussi partie du charme. C’est un film qui ne triche jamais avec ce qu’il est. On n’est pas là pour philosopher, mais pour voir un homme apprendre à casser des briques avec ses tibias.
Ce qui rend Kickboxer si marquant, c’est qu’il a cette sincérité brute qu’on ne retrouve plus vraiment aujourd’hui. À une époque où le cinéma d’action cherche encore sa place entre Schwarzenegger et Stallone, Van Damme impose une nouvelle figure : celle du combattant-poète, du type doux qui fait des grands écarts sur deux chaises, qui ne parle pas beaucoup mais qui cogne avec style. C’est probablement le rôle qui résume le mieux sa carrière.
Plus de trente ans après, Kickboxer reste l’un des films les plus emblématiques de JCVD. Non pas pour son originalité, mais parce qu’il incarne parfaitement ce que le public attendait — et attend encore — d’un film de baston : du cœur, des coups, et un héros qu’on croit sincèrement capable de tout. On en ressort avec des bleus dans l’âme, des envies de voyager en Asie… et peut-être de faire le grand écart entre deux plans de travail.
Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Les films qui sont des plaisirs coupables, Les meilleurs films d'arts martiaux, Les films préférés lorsque vous étiez enfants, Les meilleurs films de 1989 et Les meilleurs films avec Jean-Claude Van Damme
Créée
le 4 juil. 2025
Critique lue 33 fois
5
le 30 déc. 2013
SuivreJe ne vais pas vous refaire l’historique du film typique d’arts martiaux, avec les jalons posés par Kurosawa dans ses légendes du grand Judo, la tornade Bruce Lee, le Karate Kid de 1984 qui entraîna...
6
le 29 août 2016
SuivreDifficile pour moi d'être un minimum objectif en ce qui concerne Kickboxer, car c'est tout simplement le film avec JCVD que j'ai le plus vu dans mon enfance, une des premières VHS enregistrée à la...
7
le 18 oct. 2020
SuivreProduit par Mark DiSalle (L'Arme parfaite) via Kings Road Entertainment pour la modique somme de 2 millions de dollars, DiSalle est aussi coréalisateur avec le directeur de la photographie David...
1
le 20 janv. 2026
SuivreIl y a, dans A Knight of the Seven Kingdoms, quelque chose de délicatement ancien, presque précieux. Une respiration plus lente, un goût pour l’ellipse, une narration qui refuse l’hystérie et choisit...
4
le 25 mars 2016
SuivreQu'on se le dise, Man of Steel était une vraie purge. L'enfant gibbeux et perclus du blockbuster hollywoodien des années 2000 qui sacrifie l'inventivité, la narrativité et la verve épique sur l'autel...
4
le 22 avr. 2026
SuivreMichael Jackson n’a jamais été un simple chanteur. Il a déplacé les lignes de la pop jusqu’à en redessiner la cartographie entière, hybridant le rhythm and blues, le funk et la variété mondiale dans...
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème