Quelque part entre le vrai-faux biopic déluré et l’œuvre contestataire, ce premier film montre la création et l'ascension de ce trio musical originaire de Belfast, et devenu le porte-étendard d'une société irlandaise résistant à l'envahisseur anglais, et en particulier dans la conservation de sa langue maternelle (le gaélique), effacée progressivement par les mesures répressives du gouvernement britannique.
Œuvre énervée et colorée, dont la mise en scène assez déjantée rappelle les premiers films de Danny Boyle ou encore de Guy Ritchie, ce «Kneecap» (référence aux punitions administrées par la Republican Action Against Drugs, qui logeaient une balle dans le genou des trafiquants) revient aux fondements même du rap comme outil de protestation, un peu comme l'avait fait ces dernières années les films «N.W.A. - Straight Outta Compton» aux USA et «Suprêmes» en France.
Une manière pour le trio, par le biais de la musique, de reconnecter les Irlandais, et en particulier la jeunesse, à sa langue et à son histoire, et de porter fièrement ses trois couleurs. Et de faire un gros doigt d'honneur aux "brits".
Et parallèlement à ça, l'histoire d'un fils qui va démontrer à son père absent (le trop rare Michael Fassbender) que ce n'est pas en se cachant qu'on peut renverser l'ordre établi, mais en y faisant face.
Bref, une mise en abyme anarchique et irrévérencieuse sur l'identité et la résistance qui s'assume totalement pour ce qu'elle est.
Un film auquel j'aurai voulu encore plus adhérer (la faute peut-être à un récit qui part parfois un peu trop dans tous les sens, et un côté "drugs, drugs, drugs" qui devient un peu redondant au sein de la narration), mais un film musical atypique, énergique et sans filtre qui reste clairement à découvrir.