Impossible de noter ce film qui sort de la grille de lecture traditionnelle, la forme visuelle et le scénario sont morcelés comme autant de tableaux formant un tout cohérent, rendant compte d'une expérience de la vie (celle de ce scénariste/Malick/spectateur, face au vide de son existence). Dans une exposition artistique traditionnelle on accepte qu'une infime partie des œuvres nous touchent, ici il en va de même, tout ne touche pas mais certains passages nous ébranlent et cela suffit à transcender le medium comme peu de films peuvent le faire. En quelques plans Malick arrive à créer des "sensations" tels que l'amour, la déception, la tristesse, le doute... Tout n'est pas parfait, il y a de nombreuses redites dans les thèmes et les plans avec ses deux précédents films de Malick (Tree of life / A la merveille) mais on peut y voir le travail d'un artiste qui file une thématique et une imagerie à la manière de nombreux artistes plasticiens (Rothko, Mondrian, Pollock,...) L'art cinématographique est ici déconstruit dans sa forme pour en faire émerger un nouveau langage qui s'apparente au sensible. On peut voir également une belle reponse avec ce film à la vulgarité faussement intellectuelle du médiocre Sorrentino.
Malick n'est certainement pas un dieu du Cinéma comme on aurait pu le penser ou l’espérer, mais un être fait de faiblesses et de doutes, ce qui ne le rend pas moins un artiste du 7 art.