Gentils tibétains, méchants chinois ...
Je met 5 pour la mise en scène, uniquement. Le fond du film est plus problématique.
Le parti pris du film, c'est à dire la glorification du Dalaï Lama, de l'histoire du Tibet, du boudhisme, pose problème.
Tout d'abord, un peu de vérité historique: avant d' être annexé par la Chine, le Tibet était une théocratie, le clergé (boudhiste ici) y exerçait un pouvoir absolu (de droit divin, comme en France avant la Révolution), et donc tout ce que cela implique: esclavage, autoritarisme religieux, captation des richesses par une élite cléricale au dépend du peuple (Tiers-Etat composé de "serfs"). Bref, une société très inégalitaire et violente par bien des égards.
Ensuite, la "diabolisation" du grand satan chinois: certes, la Chine n'est pas un modèle de liberté et de démocratie en soi. Mais que dire des Etats-Unis (trop d'exemples à citer) ? Une certaine propagande US se faufile subrepticement tout au long du film. Au risque de choquer certains: le Tibet est la "source d'eau" de la Chine, géostratégiquement parlant, il est logique que ce territoire lui revienne. Les ricains ont bien massacré leurs indiens, orchestré la mise en coupe réglée du continent sud-américain (Pinochet, Videla, Peron etc etc), détruit L'Irak pour son pétrole et j'en passe.
Voilà pourquoi ce film me dérange un peu, il y'a un côté "Leni Riefenstahl", un film beau, bien filmé, mais au propos malsain.
Ou alors, Scorsese, en bon américain moyen, à fait preuve de grande naïveté. Un attrait très" boboïsant" pour le boudhisme, solution "new age" au stress du cadre sup de Manathan qui fait des bénéfices sur la misère du monde, doublé d'une inculture historique crasse.
Après le magistral et utilement dérangeant "La Dernière Tentation du Christ", on pouvait s'attendre à plus de distance réflective sur le sujet de ce film.
Je le croyais plus "athé-griste"et moins "parti-zen".