L'esthétique pastel et le décadrage à la Sundance est un nouveau conformisme identitaire de cinéaste arty. Lulu Wang semble surtout faire un geste d'adhésion à un milieu tant l'abstraction de cette image semble en décalage avec le mouvement du film.
Mais cette pâte devenue banale représente aussi la qualité du point de vue de la cinéaste. Pas celui d'un étranger comme Suleiman à Paris mais celui d'une immigré chinoise americanisée qui regarde en cousin lointain mais aimant un pays qu'elle ne comprends plus entièrement.
Le projet perce ainsi par ses confrontations culturelles entre les membres de la famille restés en Chine et fiers de l'émergence du pays et ceux qui sont partis. Le film parvient dans ce point de vue unique à faire vivre l'acceptation des assonances culturelles d'une famille mondialisée réunit autour de cette patriarche à l'amour sans chichi. Le geste le plus original est peut être celui de cette caméra tourbillonante au milieu de la table d'un repas de mariage. Elle fait fondre dans l'alcool et les rires les portraits des membres de cette famille éclaté autour d'un jeu chinois tout a fait incompréhensible.