La mort d’un proche est une épreuve universelle, mais Lulu Wang choisit d’aborder cette thématique sous un angle culturel spécifique : faut-il dire la vérité à une personne en fin de vie ou la préserver par le mensonge ?
Le film a le mérite d’explorer cette question avec beaucoup de sincérité. Plutôt que de trancher, Lulu Wang expose différentes perspectives avec une neutralité bienvenue, rendant les dilemmes de chaque personnage crédibles et humains. La relation entre Nai Nai, jouée par une excellente Zhào Shū-Zhēn, et sa famille est au cœur du récit, et l’actrice insuffle une énergie touchante à son personnage, contrastant avec le poids du secret qu’elle ignore. Hong Lu livre également une belle prestation, mais le reste du casting reste assez neutre, sans réel éclat.
Si le sujet est fort, son traitement finit par montrer ses limites. Les émotions sont trop souvent surlignées par l’association classique gros plans + musique mélodramatique, ce qui alourdit le rythme et réduit l’impact des scènes. De plus, les personnages ne semblent jamais vraiment évoluer : Nai Nai reste rayonnante, tandis que les autres ne cessent de pleurer sa future disparition, donnant une impression de redondance. Enfin, Lulu Wang semble hésiter à aborder frontalement la mort, tournant autour du sujet sans jamais totalement l’affronter, ce qui laisse un léger goût d’inachevé.
L’Adieu reste un drame sincère et accessible, porté par de belles performances et une approche nuancée de son sujet. Mais en insistant trop sur les mêmes mécaniques émotionnelles, le film finit par s’essouffler et laisse une impression répétitive.