Pour son premier long métrage la réalisatrice Alice Vial ose une audacieuse dramédie romantique fantastique, à travers le destin d'Elsa (médecin en soins palliatifs) et Oscar (un homme décédé).
Dès la séquence d'ouverture l'intrigue dévoile abruptement le don singulier d'Elsa qui engendre une solitude amoureuse chez elle, dès lors que ses compagnons cartésiens ont connaissance de cette perception différente de l'autre.
Jusqu'au jour où un accident de la route va faire se croiser deux âmes solitaires. À partir de là, la mise en scène reprend les codes de la traditionnelle comédie romantique Anglo-saxonne pour faire bifurquer la narration vers des chemins plus surprenants où le mélodrame se mêle à la drôlerie, comme pour mieux défier la mort et faire triompher l'amour. La sensibilité des situations prend corps et la complexité des battements de cœurs se cadence à bon rythme, grâce à l'alchimie du couple formé par Magalie Lépine-Blondeau (épatante et craquante) et un surprenant Jonathan Cohen tout en nuances et en émotions.
Ce long métrage élégant et émouvant convoque évidemment "L'aventure de Madame Muir" (1947) de Joseph L. Mankiewicz et "Ghost" (1990) de Jerry Zucker, tout en ayant un sensible écrin particulier, un miroir délicat qui réfléchit en nos lumières intérieures.
Quand parfois l'on se sent revivre à travers le regard de l'autre et que de voir l'autre vivre est magnifique, les colères rentrées et la peur de l'au-delà s'envolent, car rien n'aura été plus beau sur Terre que de croiser de manière évidente une âme idéale, afin de vivre pleinement avant l'après....