Avec L’Âme idéale, Alice Vial livre un film d’1h30 à l’ambition modeste, qui peine à dépasser le stade du divertissement poli. On y suit Elsa, médecin en soins palliatifs, quadragénaire solitaire dotée d’un don qui la distingue irrémédiablement des autres : elle voit les morts.
Un pouvoir qui, loin d’être un simple gimmick fantastique, constitue surtout un handicap social et intime, comme le souligne la scène d’ouverture où son compagnon la quitte, incapable de composer avec cette singularité.
Peu après, Elsa rencontre Oscar. Drôle, charmant, attentif, tout semble enfin s’aligner… à un détail près, éventé sans suspense par le synopsis et la bande-annonce : Oscar est mort. Le film s’engage alors sur une voie balisée, celle d’une romance impossible entre deux mondes, sans jamais vraiment chercher à en déplacer les codes.
Sur le plan formel, on retrouve une esthétique très typée du cinéma français contemporain : palette volontairement terne, caméra souvent instable, censée insuffler un supplément de naturalisme mais qui finit surtout par souligner une mise en scène peu inspirée.
Le film s’autorise néanmoins un motif visuel intéressant, en reprenant le vieux procédé consistant à ne pas faire apparaître les morts dans les miroirs. Une idée héritée du cinéma expressionniste, rendue célèbre notamment par Nosferatu de Murnau. Si le clin d’œil est identifiable, son usage répété, à l’ère de la CGI et des effets numériques, n’a plus grand-chose de troublant ni de réellement inventif.
La relation entre Elsa et Oscar, pourtant au cœur du récit, n’apporte finalement rien de neuf au genre romantique. L’idylle se construit, on en devine très tôt l’issue, et le film avance sans surprise majeure. Quelques séquences du deuxième acte cherchent clairement l’émotion facile et pourront toucher une partie du public. Mais l’ensemble reste désespérément lisse et, au moment de sa résolution, le film s’abandonne à une naïveté appuyée qui frôle l’embarras plus qu’elle ne provoque l’émotion.