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L'amour louf
L'Amour Ouf restera avant tout un bon souvenir de projection en salle puisque j'étais accompagnée de ma maman qui était adolescente lors des années 1980 et qui avait envie de replonger dans sa...
le 19 oct. 2024
Critique éditée le: 23 novembre 2025
Voici l'incroyable histoire d'un amour tumultueux au cours des années 1980 entre Jackie et Clotaire, deux adolescents de Dunkerque que tout semble a priori opposer. Jackie habite les quartiers privilégiés de la ville et suit ses études avec assiduité alors que Clotaire, garçon désœuvré, fréquente les docks et ses dédales mal famés qui l'amènent à passer de temps à autres par la "case prison". Il est également, comme ses copains des quartiers "difficiles", un assidu des alentours du groupe scolaire que fréquente la studieuse Jackie. Les élèves ne prêtent pas trop attention aux quolibets de ces garçons effrontés.
Malgré tout deux regards se croisent. D'un échange aigre doux un dialogue se crée, un intérêt commun surgit. Alors les différences deviennent secondaires. Clotaire l'un des voyous des nuits agitées des docks et la sage et studieuse Jackie des quartiers plus favorisés vont s'apprivoiser, s'aimer et ne plus vouloir se quitter, mais pour combien de temps...
Il est difficile de renoncer à une vie malsaine. Les fréquentations douteuses avec leurs lots de bagarres, de vols et de combines très discutables guettent le jeune homme qui malgré le temps qui passe a bien du mal à mûrir et reste toujours prêt à se laisser entraîner par les mauvais génies qui l'entourent. En fait Clotaire replonge malgré les promesses d'un avenir serein avec Jackie qui finit par se lasser du gouffre dans lequel s'enfonce son petit ami. Elle ne peut renoncer à une existence contre nature. Jackie est maintenant une jeune femme séduisante et reste en fait dans son milieu "privilégié" en tombant par l'intermédiaire de son père très protecteur sur Jeffrey, un parvenu se croyant un brillant séducteur. Toutefois on sent que le cœur n'y est pas car l'image de ce garçon voyou mais tout de même sensible et fragile n'est pas sorti de son esprit. La jeune femme n'a pas atteint son idéal et ressent une certaine frustration. Le passé reste encré en elle. Il en est de même pour Clotaire qui, malgré son existence chaotique porte au fond de son âme un souvenir dont il ne peut se défaire, celui de cette jeune fille qui l'a accompagné un bout de chemin. Ainsi l'écrivait magnifiquement Jacques Prévert:
" Oh! je voudrais tant que tu te souviennes
Des jours heureux où nous étions amis.
En ce temps-là la vie était plus belle,
Et le soleil plus brûlant qu'aujourd'hui."
Gilles Lellouche nous conte à travers cette œuvre une magnifique histoire d'amour de deux jeunes gens de l'adolescence jusqu'à l'âge adulte, une aventure pleine de tendresse, de violence, de larmes et de sourires. Il nous offre également une magnifique leçon de vie, vie durant laquelle les souvenirs qu'il est parfois difficile voire impossible d'effacer restent encrés malgré les différences. Et un premier amour reste souvent gravé dans la mémoire et obsède même. Il peut même jouer les trouble-fête, occasionner des crises, des regrets et là le réalisateur nous a concocté une intrigue atteignant à certains moments le thriller. Tout est bien structuré dans ce film jusqu'aux éclats de couleurs vives qui soulignent et accentuent certaines scènes pouvant être troublantes, violentes et fort bien filmées. Celle de la cabine téléphonique où Jackie est aux prises avec Jeffrey est une de celles-ci et elle sera d'ailleurs un tournant de cette histoire. Bref l'amour et le souvenir ont leurs jeux à jouer, rien n'est jamais certain dans une vie. Cette œuvre en plus d'une intrigue bien rythmée nous donne une fabuleuse leçon d'espoir et d'amour fou.
Les interprètes qui nous décrivent l'évolution de Jackie à 15 ans, Mallory Wanecque, et à 25 ans, Adèle Exarchopoulos, sont absolument excellentes. Même jugement pour les personnages de Clotaire à 17 ans, Malik Frikah et à 28 ans, François Civil. Ils ont tous deux une grande crédibilité dans leurs interprétations sobres et efficaces. On croise dans cette réalisation au budget conséquent, 35,7 millions d'euros, beaucoup d'autres actrices et d'acteurs renommés et parmi ceux-ci j'ai été frappé par le personnage incarné par Elodie Bouchez, la maman attendrissante et dépassée par les frasques de son fils. Quant à Vincent Lacoste, Jeffrey a un rôle primordial mais pas très sympathique j'en conviens mais bien assumé.
Il s'agit donc d'une très belle réussite de Gilles Lellouche qui nous a réservé une belle surprise de 2h30 à la vitesse TGV nous faisant vivre une romance dans laquelle se mélangent violence et passion avec des séquences assez spectaculaires. Bref je recommande ce moment de très bon cinéma français qui est tiré Le film est une adaptation du roman paru en 19897: Jackie Loves Johnser OK? de Neville Thompson.
Ma note: 8/10
Box-office France: 4 939 189 entrées
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Créée
le 4 nov. 2025
Modifiée
le 23 nov. 2025
Critique lue 198 fois
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