L'Antisémite
3.3
L'Antisémite

Film de Dieudonné (2012)

A bas les médias, le véritable jugement est populaire, il est ici !

Ailleurs, je suis toujours le premier à dire que tel projet est une propagande. Pour moi, ce n'est pas disqualifiant et ce n'est pas un vilain mot. J'apprécie d'ailleurs quand la vision est partisane, quand on prend des engagements.

Ici, le mélange des genres fait que l'engagement est sous tapis. Le Patrick Sébastien de Cergy-Pontoise avait une tribune libre mais il n'en a rien fait : nous assistons ébahis à un cours d'autodéfense intellectuelle sans volonté rhétorique.

Il est incompréhensible que ce film soit censuré étant donné sa nullité idéologique. Il ne va pas au bout ce qu'il pense, avec un humour toujours sous tapis (je n'ai pas tellement ri alors que j'adore cet humour). Je finis par me demander ce qu'il veut vraiment dire, quel sens a-t-il voulu donner à son projet ? (et croyons-le bien sincèrement : ce n'est en rien un problème de budget car des films tout à fait honorables, il en existe à 7000 euros et bien moins aujourd'hui).
Je suis prêt à discuter avec n'importe qui affirmant qu'il y a un discours politique dans ce film - parce que si ce film avait pu être sauvé, c'est bien par cette porte-là.

Je veux dire que
Nous n'avons pas besoin de voir une cure de psychanalyse, d'autant plus qu'au travers du discours extrêmement confus dans l'abyme de l'être, il ne fait pas que grossir le trait pour atteindre le rang d'une caricature impensable. J'ai le sentiment qu'il est une anguille alors qu'il emprunte des chemins politiques dont le discours est fort et populiste, c'est-à-dire qu'il passe son temps à se déterminer et, parallèlement, à faire preuve de mauvaise foi en s'auto-parodiant dans ce film. Je trouve cela triste et c'est constitué pour perdre les consciences.

Dieudonné avait l'occasion d'une tribune pour éclater la cuirasse qu'on a voulu lui faire porter : pourquoi ne pas avoir choisi la voie du film assumé de propagande ? Au lieu de choisir une ligne de fuite, il choisit l'impasse et, dans un élément qui ne peut que être critique pour ce qu'il représente, il devient non critique en dehors de sa seule représentation.
Andy-Capet
1
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes La distanciation transsubstantielle mirifique et Le grotesque

Créée

le 6 nov. 2012

Modifiée

le 29 mars 2013

Critique lue 2.2K fois

Andy Capet

Écrit par

Critique lue 2.2K fois

10
4

D'autres avis sur L'Antisémite

L'Antisémite

L'Antisémite

8

edwardwonghautivrus

le 2 juil. 2012

Suivre

Critique de L'Antisémite par Edward Wong Hau Tivrusky IV

Avant de donner une critique de ce film, encore faudrait il le comprendre. ce qui ne semble pas le cas de nombreuses personnes ici. Avec un budget minimum, des acteurs inconnus et presque amateurs,...

L'Antisémite

L'Antisémite

2

zeugme

le 10 avr. 2012

Suivre

Critique de L'Antisémite par zeugme

On oublie souvent qu'avant de sauter un plomb, Dieudonné était aussi un homme à la plume d'or et à l'humour incisif. Manque de bol, lui aussi semble l'avoir oublié, trop occupé par sa rancœur. Triste...

L'Antisémite

L'Antisémite

1

Andy-Capet

le 6 nov. 2012

Suivre
Dernière modification

le 29 mars 2013

A bas les médias, le véritable jugement est populaire, il est ici !

Ailleurs, je suis toujours le premier à dire que tel projet est une propagande. Pour moi, ce n'est pas disqualifiant et ce n'est pas un vilain mot. J'apprécie d'ailleurs quand la vision est...

Du même critique

Camping

Camping

3

Andy-Capet

le 11 nov. 2013

Suivre

Avatar, c'est dix fois le PIB des îles Tuvalu !

Ce soir, à l'heure où j'écris ces quelques lignes, et tandis que, un siècle auparavant, la première guerre mondiale commençait avec la complicité des socialistes d'Union Sacrée, j'ai vécu un drame...

RoboCop

RoboCop

9

Andy-Capet

le 22 déc. 2025

Suivre

L'ironie de Verhoeven

L'humour satirique et grotesque dans Robocop est une porte infectieuse pour laisser entrevoir autre chose que du pop corn pour petit garçon, une porte qui laisse un aperçu de cette société tyrannique...

Disneyland, mon vieux pays natal

Disneyland, mon vieux pays natal

7

Andy-Capet

le 26 avr. 2013

Suivre

Achète-moi un conte prêt à raconter

En tant qu'ancien travailleur de Disneyland, je ne suis jamais senti à ma place dans ce milieu. Tout ce que je voulais, c'était travailler en m'évadant. Ce fut le contraire. J'ai perdu mon innocence...