L’Arme Fatale est un succès commercial.
Deux ans plus tard, une suite sort sur les écrans toujours mise en scène par Richard Donner avec le duo Mel Gibson et Danny Glover.
Nous ne sommes plus dans une œuvre ambiguë, entre drame et comédie, constamment sur la corde raide. Dorénavant, c'est une comédie purement familiale, à quelques détails près.
Le film débute par une scène d’action, comme dans un James Bond, qui se révèle confuse et chaotique. Elle confirme l’incapacité de Richard Donner à filmer décemment ces moments forts, saupoudrés de ralentis malvenus.
Comme dans le précédent opus, le film alterne les scènes d’action et intimiste. On retrouve Martin Riggs (Mel Gibson) dans la cuisine des Murtaugh. Il est pleinement intégré à la famille de Roger Murtaugh (Danny Glover). Il leur fait la cuisine, sous le regard de la femme de son coéquipier, Trish Murthaugh (Darlene Love) qui est une déplorable cuisinière, tout en lui racontant le décès de sa compagne avec une légèreté et un détachement propre à une personne refoulant ses émotions.
Le regard des hommes n'est plus teinté de douleurs. Ils affichent constamment des sourires et tout est un sujet de plaisanterie, comme la publicité pour préservatifs de Rianne (Traci Wolfe), la fille de Roger Murtaugh, qui en subit les conséquences ou Martin Riggs qui se démet volontairement l’épaule pour gagner un pari auprès de ses coéquipiers. Parmi eux, on retrouve le jeune Dean Norris, qui va accéder à la notoriété grâce au rôle de Hank Schrader dans Breaking Bad.
Le film s’appuie sur les mêmes ressorts comiques qui ont fait le succès du premier opus. Roger Murtaugh ne cesse de rappeler qu’il est trop vieux pour ses conneries, que sa femme va le tuer, tout en restant confronté à sa fille qui est devenue un objet de désir, alors que Martin Riggs fait preuve d’une douce folie, bien éloignée de son précédent état dépressif.
L’Arme Fatale 2 fonctionne aussi grâce à ses scènes comme celle de la salle de bains avec le fameux “Boom, you are dead”, inscrit sur le papier toilette, ainsi que l’effondrement de l’immense villa surplombant Los Angeles.
Grâce à un budget plus conséquent, le film s’octroie les services de Joe Pesci. Il s’agit de son premier rôle comique. L’acteur démontre sa versatilité et fait preuve d’un sens du timing qui frôle le cabotinage, sans être déplaisant.
L'histoire tente de se donner une contenance, en dénonçant l’Apartheid, par le biais d’un adversaire provenant de l’Afrique du Sud. Un pays dépeint comme raciste, alors que l’Amérique est une terre d'accueil où les personnes noires peuvent vivre en toute quiétude. Nous ne sommes pas dans un pamphlet, cela reste politiquement correct. Il en va de même de sa dénonciation du tabagisme. Puis, de la part d’un film sponsorisé par Subway et Nike, qui fait référence à Donald Trump, c’est plutôt hypocrite.
Patsy Kensit est l'atout charme de cet opus. Elle apporte une touche de glamour qui va ranimer le cœur de Martin Riggs, camoufler sous une couche de chemises en flanelles, avant de se révéler être un élément dramatique et réveiller furtivement ses blessures ensevelies.
Comme tous les blockbusters, L’Arme Fatale 2 est avant tout une œuvre purement mercantile. Le film est produit par Joel Silver. Il règne sur le Hollywood des années 80/90 grâce à des films principalement d’action comme 48 Heures, Predator, Commando, Piège de Cristal, Demolition Man, Le Dernier Samaritain ou Matrix.
L’Arme Fatale 2 est une œuvre à consommer avec un bon gros pot de popcorn, pour se gausser la bouche pleine grâce à ses punchlines, plus ou moins efficaces, inhérentes au genre et à l'époque. Le duo Mel Gibson et Danny Glover est toujours aussi complémentaire et la greffe de Joe Pesci est passablement réussie , même si on lui préfère le chien Sam.