Sacré John Milius ! Non content de nous avoir fait trembler avec Conan le Barbare deux années auparavant notre homme frappe encore juste avec l’Aube Rouge : film (presque) propagande sur une jeunesse américaine va t-en guerre contre l’envahisseur communiste.
Ce n’était pas gagné pour autant, le premier ressenti qui apparait lors des premières minutes de film est celui d’un teenage movie où une bande de lycéens jouent les boys scouts dans la nature contre un envahisseur rouge, moitié russe moitié latino, venu troubler leur paisible ville paumée au fin fond des Rocheuses. Mais qu’on se le dise, ce sentiment est TRES vite balayé.
Il y a quelque chose de plus dans ce film, tout n’est pas beau et joli dans la guerre – même contre les rouges – comme un film propagande pourrait nous le faire croire. La mort rode à chaque fusillade, chaque embuscade. Les vrais amis se découvrent, les faibles se dévoilent, l'amitié est mise à rude épreuve au sein de la bande de résistants. L’Aube Rouge n’est qu’une succession de désillusions pour notre groupe emmené par un Patrick Swayze en bonne forme. La guerre ce n’est pas bien, ça fait mal partout et ça chamboule les esprits comme un souffle de vent sur une collection de plumes pourrait-il dire (non il ne l’a pas dit !).
Côté technique les fusillades sont convaincantes, les décors et effet spéciaux ont un bon rendu. La bande son est signée Basil Poledouris – à qui l'on doit la BO de Conan entre autre – mais le vrai plus vient des prises de vue des paysages naturels du Nouveau Mexique, véritable invitation à partir avec sa tente et son matériel pour des randonnées de folie.
Alors oui l’histoire fait un peu sourire, oui les méchants sont pas très crédibles parfois, oui les fusillades sont glorieuses et dignes d’un Rambo III, mais c’est avec plaisir que je recommande ce film pour ce qu’il est : un film de bourrin fier du drapeau américain pour les uns, avec un message politique fort derrière pour les autres, mais surtout un film de guerre et d'amitié assez sincère.