L'AVENIR (14,4) (Mia Hansen-Love, FRA, 2016, 125min)
Ce portrait cérébral nous dépeint l'existence d'une femme, mère, épouse et prof de philo en quête de bonheur(s). Mia Hansen-Love revient après le poignant "Le père de mes enfants" (2009), le gracieux "Un amour de jeunesse" (2010) et le générationnel "Eden" (2014) avec son talent singulier ausculter l'intimité des âmes à travers ce parcours féminin où "l'Avenir semble compromis"...Une mise en scène intelligente, toujours en mouvement, à la langueur monotone salutaire, pour mieux développer par fausses pistes et petites touches un récit mélancolique où chaque objet, chaque déplacement et chaque décor fait sens dans une cohérence existentielle reflétant parfaitement les vacillements de l'héroïne. Avec un scénario très structuré, contenant des ellipses, faisant la part belle à une écriture fine, ce long-métrage littéraire prend au fur et à mesure de la puissance par la fluidité du montage pour devenir double, la solitude et la liberté s'entrelaçant subtilement. La réalisatrice influencé par le cinéma de Rohmer, nous livre cette chronique de vie qui chancelle (en dépeignant à nouveau le microcosme parisien intellectuel) en s'appuyant sur une superbe interprétation d'Isabelle Huppert, émouvante, à la fois forte et fragile, en alchimie parfaite avec son personnage chaotique mais debout enveloppé par une envoûtante musique de Schubert. Venez découvrir sans crainte ce que vous réserve "L'Avenir". Subtil, lumineux, mélancolique et apaisé.