À travers ce témoignage cinglant, Costa-Gavras met un point d'honneur sur l'appropriation de l'idéologie communiste, au service d'une dictature trompeuse, s'enfonçant peu à peu dans sa paranoïa.
La mise en scène vient surtout mettre en lumière l'incompréhension grandissante d'un homme, en quête d'une vérité qui lui semble dépossédée. Cela se ressent à travers cette caméra fuyante, qui nous dévoile à la fois tout et rien. Tout, tout dans son quotidien horrifique, sur l'ambiance sonore rugissante qui s'attarde sur les sentiments humains. Mais rien, rien à travers les hors champs dissuasives, sur les couleurs grises nauséabondes, où de par les gros plans répétitifs dissimulants les portes de l'enfer.
Finalement, on se noie dans le regard de Yves Montand. Un regard impénétrable, s'abandonnant à sa fatigue en ne percevant plus l'espace qui l'entoure. Mais une lutte interne se ressent, celle de sa foie au parti, qui prend le dessus sur le doute constant qui le gagne.
La scène du procès est elle-même révélatrice d'une mise en spectacle de l'information. Les gouvernements du Monde entier étant d'avantages à la recherche de symboles forts, plutôt qu'une justice salvatrice.
D'une brutalité exténuante. Ce film est la définition même d'une certaine beauté de la douleur.