C'est l'histoire d'une rencontre improbable. Celle d'une femme de trente ans, demoiselle célibataire, et d'un enfant de onze ans, orphelin solitaire. Éva et Léon n'ont rien en commun, et c'est pourquoi ils vont devenir inséparables.
L'échappée belle fonctionne essentiellement pour son duo d'acteurs, très complémentaires à l'image. La douceur de Clotilde Hesme contraste avec le sérieux de Florian Lemaire, parfait en petit garçon isolé. Dans la première heure du film, le récit ressemble à un rayon de soleil qu'on prendrait plaisir à voir sur notre peau. Partout où il passe, le tandem sème une bonne humeur communicative dans des scènes toujours plaisantes à regarder. Séduisant.
Puis le dernier quart d'heure voit apparaître des nuages persistants, qui viennent ternir ce cadre idéal et font revenir à la réalité. Dans la vie, on ne fait pas toujours ce que l'on veut. Seule à l'écran, l'actrice retrouve la solitude à laquelle elle avait échappée. Le film perd de sa saveur car sa force vient avant tout de ce lien qui unit ces deux personnages. Sans celui-ci, la narration perd de son intensité. D'autant plus que les relations annexes qu'entretiennent Éva avec son entourage (sa sœur, son amant) ne sont pas exploitées comme elles auraient pu. Dommage.
Si le scénario utilise la légèreté comme ligne de conduite, il est plus maladroit quand il aborde la gravité des personnages. L'échappée belle est définitivement une œuvre solaire où les contraintes quotidiennes n'ont pas leurs places. Seule prévaut la joie de vivre, et le bonheur de se sentir aimer. On adhère forcément !
http://septieme-sens.net