2
le 28 mai 2011
SuivreLe "Conan" du pauvre
Le réalisateur de "Cyborg" nous gratifie d'un incroyable nanar s'inspirant de l'univers Héroic-Fantasy. Lee Horsley qui joue le prince Talon n'a pas l'étoffe d'un Schwarzenegger mais son épée à trois...
Conan le barbare en 1982 lança une vogue d'heroic fantasy à l'écran, on vit donc plusieurs aventures médiévalo-fantaisistes comme Dar l'invincible, Krull, le Dragon du lac de feu, Willow ou encore l'Archer et la sorcière (TV-film exploité en salles pour l'Europe) qui fut d'ailleurs souvent confondu avec cette Epée sauvage à cause de son titre original (The Sword and the sorcerer), premier film du réalisateur hawaïen Albert Pyun qui commettra plus tard une série Z imaginative avec JC Van Damme, Cyborg. En Italie, le genre fantasy sera dans les années 80 une véritable manne avec des séries Z souvent grotesques et archi fauchées comme Ator l'invincible, Iron master la guerre du fer, Sangraal ou Thor le guerrier qui emploieront de faux Schwarzenegger bodybuildés qui ne savent pas jouer ni se battre à l'épée...
L'Epée sauvage est un vrai récit de "sword and sorcery" appartenant à la catégorie des budgets modestes en exploitant le goût du public pour l'épopée héroïque et l'aventure merveilleuse, mais le truc c'est qu'on ne voit pas trop son côté modeste, Albert Pyun faisant preuve d'une dose imaginative et de pas mal de savoir-faire, malgré un scénario ultra classique dans ce genre, puisqu'il est question d'un petit royaume asservi par un tyran assoiffé de pouvoir qui fait appel à un sorcier antique aux pouvoirs puissants, et qui tue le bon roi débonnaire, mais le preux héros qui a réussi à récupérer la fameuse épée, symbole de pouvoir, est là pour libérer son peuple.
Le casting se compose d'abonnés à la série B : Richard Lynch incarne le méchant, il endossait souvent ce type de rôle à l'époque, il est secondé par George Maharis (rendu célèbre par la série Route 66), Robert Tessier, Joe Regalbuto, Simon MacCorkindale, Richard Moll, Kathleen Beller (qui rejoindra ensuite le cast du soap Dynasty), et Lee Horsley en héros intrépide qui s'est fait connaître par la série Matt Houston. Les maquillages et Fx sont contrairement à l'idée reçue, pas trop pourris, plusieurs plans utilisent des stock-shots, les décors sont filmés de près avec une image sombre le plus souvent, la photo usant de beaucoup de filtres, mais elle est soignée, et les costumes ont le charme kitsch en ne donnant pas l'illusion du film merdique et fauché.
Il y a des donjons, des douves, des souterrains crades, plusieurs rebondissements et scènes d'action en faisant intervenir de vaillants guerriers, un sorcier maléfique, un tyran cruel, une princesse captive et un héros casse-cou... on y voit même un peu de gore et un érotisme discret, le réalisateur remplit tant bien que mal le cahier des charges du cinéma d'exploitation des années 80. Seule la fameuse épée à 3 lames dont 2 qui peuvent être propulsées, semble un peu ridicule, même en 1982 quand j'avais vu le film en salles, ça me faisait sourire, c'est le seul petit détail qui vous foutrait tout par terre.
Mais malgré ça et quelques naïvetés, le plaisir vient de son aspect sous-Conan, du charme de son carton-pâte, du système D et du bricolage, les scènes s'enchainent portées par le rythme et l'action, et le film qui a bénéficié d'un budget de 2 millions de dollars, en rapportera 40 millions, il a donc récolté un beau succès, même si aujourd'hui il est injustement mésestimé et moqué. Au final, moi je préfère me détendre avec ce genre de petites productions qui ne paient pas de mine, car on ne s'ennuie pas un seul instant, c'est un très plaisant film de fantasy qui multiplie les combats et les cavalcades avec une certaine invention, car c'est souvent dans ces supposés "petits films" que le souffle de l'aventure est le plus sincère.
Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Les films qui sont des plaisirs coupables, Les meilleurs films de fantasy, Ma mission sur SC : avocat du diable, Le royaume du Cinéma Bis et Les meilleures pépites méconnues du cinéma
Créée
le 2 août 2020
Critique lue 943 fois
2
le 28 mai 2011
SuivreLe réalisateur de "Cyborg" nous gratifie d'un incroyable nanar s'inspirant de l'univers Héroic-Fantasy. Lee Horsley qui joue le prince Talon n'a pas l'étoffe d'un Schwarzenegger mais son épée à trois...
6
le 3 janv. 2024
SuivreFort du succès d’Excalibur (John Boorman, 1981), qui restaura le prestige du genre heroic fantasy sur fond de geste arthurienne, Hollywood multiplia les projets tantôt réussis – The Beastmaster...
5
le 3 août 2026
Suivrele 3 août 2026
Il fut un temps béni, encore mieux que celui des colonies, où l'on combattait en slip, et parfois avec un manteau de fourrure. Cette époque c'est les années 80. C'est le prodige que parvient à nous...
10
le 6 avr. 2018
SuivreLes premiers westerns de Sergio Leone furent accueillis avec dédain par la critique, qualifiés de "spaghetti" par les Américains, et le pire c'est qu'ils se révélèrent des triomphes commerciaux...
10
le 10 juin 2016
SuivreGrand fan de westerns, j'aime autant le western US et le western spaghetti de Sergio Leone surtout, et celui-ci me tient particulièrement à coeur. Dernier opus de la trilogie des "dollars", c'est...
9
le 5 déc. 2016
SuivreOn croyait le péplum enterré et désuet, voici l'éblouissante preuve du contraire avec un Ridley Scott inspiré qui renouvelle un genre ayant eu de beaux jours à Hollywood dans le passé. Il utilise les...
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème