Comme le bon vin, mais à l´inverse de son personnage principal, "The curious case of Benjamin Button" est un film qui se bonifie avec les années. La prouesse des scénaristes (David Fincher n´est ici "que" réalisateur) est, d´une part, d´être parvenus à tirer d´une nouvelle littéraire une véritable fresque cinématographique et, d´autre part, d´avoir su raconter une histoire universelle à travers les yeux d´un personnage unique.
Benjamin Button nait vieux et rajeunira tout au long de sa vie, pour mourir nourrisson. Cela semble ne choquer personne. Cette caractéristique est immédiatement acceptée par ceux que le personnage fréquente, aussi bien tout au long de sa vie que pendant quelques secondes. L´histoire aurait pu prendre des allures de film de science-fiction, Benjamin Button devenant l´objet de convoitise de scientifiques mal intentionnés. Mais il n´en est rien. Malgré sa nature extraordinaire, il est un personnage éminemment ordinaire. C´est la raison pour laquelle Brad Pitt opte pour un jeu aussi neutre et détaché. Il se doit d´incarner n´importe qui, afin que chacun retrouve en ce personnage un peu de lui-même, et n´éprouve à son égard ni colère ni empathie.
Comme chacun de nous, Benjamin est porteur de tares qui le suivront toute sa vie. Comme chacun de nous, il est capable du meilleur comme du pire. De l´action la plus louable et humaine à la trahison la plus abjecte et condamnable. Aurait-on réagit comme lui dans la même situation ? On se pose cette question à chacune de ses nouvelles expériences. La manière dont son corps change importe peu.