8
le 30 juil. 2019
SuivreUn cas clinique déroutant
A l'origine de ce film, un fait divers : à Boston entre 1962 et 1964, 11 femmes ont été étranglées dans leur appartement, avec des bas nylon ou autres parties de leurs vêtements ; toutes étaient...
Voir le film
A l'origine de ce film, un fait divers : à Boston entre 1962 et 1964, 11 femmes ont été étranglées dans leur appartement, avec des bas nylon ou autres parties de leurs vêtements ; toutes étaient d'âge mûr et ont subi des violences sexuelles, les faits sont peu habituels, il n'y a ni traces d'effraction ni indices, et rien n'a été volé, ce cas est déconcertant pour la police car il n'y a aucun motif plausible.
C'est le récit à peine romancé de cette mystérieuse affaire que Richard Fleischer raconte, le cas des meurtres d'Albert DeSalvo, ouvrier-plombier schizophrène qui souffrait d'un dédoublement de la personnalité. Son film suit scrupuleusement les étapes de cette affaire et réserve une certaine dose de frissons, le ton est volontairement dérangeant quelque part, c'est un film expérimental et pourtant hollywoodien qui en plus utilise une audace formelle avec le procédé du split-screen pour selon Fleischer, accentuer le malaise de l'étude psychologique sur ce cas de schizophrénie. J'ai lu par ci par là que c'était la première utilisation de cette technique d'images juxtaposées en écrans multiples, or j'ai l'impression qu'il y a erreur parce que le split-screen avait déjà été utilisé pour la première fois par John Frankenheimer dans son film Grand Prix en 1966.
L'autre audace : Tony Curtis tout simplement époustouflant dans le rôle de DeSalvo, c'est un sommet dans la composition, et pourtant les producteurs n'en voulaient pas, Fleischer dut insister en présentant une photo de l'acteur (sans son nom) grimé avec une prothèse nasale, les yeux bleus obscurcis par des lentilles et des vêtements défraichis pour les décider, car les gens du studio pensaient que Curtis était trop identifié aux rôles légers. Le sujet était déjà délicat, il fallait un acteur plus "sérieux". Mais ils ont finalement cédé et Curtis a trouvé ce qui reste probablement comme son plus grand rôle. Il est bien entouré par un solide casting avec Henry Fonda, George Kennedy, Hurd Hatfield, Murray Hamilton, Jeff Corey, Sally Kellerman...
La première partie est intéressante par certains détails incongrus, mais la seconde partie vue sous l'angle du criminel est extraordinaire ; Curtis tour à tour pathétique, inquiétant, fascinant, livre donc sa plus impressionnante performance, et Fleischer signe son film le plus remarquable dans un registre qui n'est pas celui du divertissement (comme les Vikings ou 20 000 lieues sous les mers). A noter que DeSalvo fut interné, mais il fut poignardé en 1973 par ses 2 compagnons de cellule.
Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes les Meilleurs films policiers (partie 2), Les meilleurs films des années 1960, Les meilleurs films du Nouvel Hollywood, Les meilleurs films tirés d'une histoire vraie et Les meilleurs films avec Tony Curtis
Créée
le 30 juil. 2019
Critique lue 1.1K fois
8
le 30 juil. 2019
SuivreA l'origine de ce film, un fait divers : à Boston entre 1962 et 1964, 11 femmes ont été étranglées dans leur appartement, avec des bas nylon ou autres parties de leurs vêtements ; toutes étaient...
8
le 5 oct. 2013
SuivreEntre 1962 et 1964, Albert de Salvo terrorisa la population de Boston, violant et assassinant treize femmes avant d'être arrêté et condamné à perpétuité, même s'il ne sera pas reconnu coupable pour...
8
le 17 nov. 2010
SuivreConstruit à l'image de l'étrangleur, le film se décompose en deux parties distinctes. La première rythmée par des crimes incessants, dégoûtants, qui révèlent un véritable psychopathe sans aucune...
10
le 6 avr. 2018
SuivreLes premiers westerns de Sergio Leone furent accueillis avec dédain par la critique, qualifiés de "spaghetti" par les Américains, et le pire c'est qu'ils se révélèrent des triomphes commerciaux...
10
le 10 juin 2016
SuivreGrand fan de westerns, j'aime autant le western US et le western spaghetti de Sergio Leone surtout, et celui-ci me tient particulièrement à coeur. Dernier opus de la trilogie des "dollars", c'est...
9
le 5 déc. 2016
SuivreOn croyait le péplum enterré et désuet, voici l'éblouissante preuve du contraire avec un Ridley Scott inspiré qui renouvelle un genre ayant eu de beaux jours à Hollywood dans le passé. Il utilise les...
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème