L'événement
Synopsis :
"En 1963, Anne, brillante étudiante d'origine sociale modeste, est confrontée à une grossesse non désirée à une époque où l'avortement est illégal."
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Que justice soit faite! Hum… Le mouvement féministe est bien évidement en marge de cette année 2021, notamment au cinéma. La jeune actrice de 22 ans nous plonge dans un drame radical, qui tamise les ellipses temporelles en les situant à de courts intervalles. Cet élément fait guise de décor et de cadre au film. En même temps que la jeune fille s'expose à une montée à l'agonie, on ressent, partiellement l'injustice de ce monde. Le camp "anti" avortement ne s'autoproclame pas, ne de se décide pas, et ne se montre pas directement : On en apprendra ses vestiges indirectement comme lorsque le médecin dénonce l'autre médecin ne manière très sobre.
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Les années 60 sont très dures à cerner, notamment du fait des décors. Ils paraissent par moment trop récent, trop en accord avec notre société actuelle. Bon, les portables n'apparaissent pas, il est possible de fumer dans les amphithéâtres mais aucun grain à l'image.
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De la même manière que "Grave" de Julia Ducournau, on monte en pression en même temps que l'actrice, et on ne cesse d'apercevoir cette faiblesse qui lui tient tête alors qu'une volonté de vaincre est sublimée.
Paradoxe d'une époque festive, mise à l'écran par les conversations autour du sexe, les rendez-vous du soir à la buvette (Mais aussi par, l'ironie du sort, la nouvelle qui tombe lorsque l'on apprend qu'elle l'a fait et tombe enceinte, tandis que nous, spectateur, sommes littéralement hors-champ de cette scène). Si le sexe n'a pas de tabou, pourquoi la misère de ce monde anti-avortement n'est pas reliée? On est submergée par la vie de l'actrice qui, n'a pourtant qu'une seule affirmation à la vie qui lui est vouée: Je suis dans la merde car tout le monde me dit que c'est la prison si je l'avoue, mais le spectateur n'en apercevra pas les vestiges.
PS: La fin est un peu bâclée, faisant redescendre la pression d'un point A pour en exprimer une futilité du thème principal.
En bref?
Simple histoire narrée, des musiques douces, une vie douce qui va vite grimper dans les tons noirs. Ascension fulgurante vers ces tons sans nous en définir clairement le mouvement néfaste.