13h45
Nous sommes dans les années 60. Enfin je crois. Nous sommes au sein de la faculté d’Angoulême et les étudiants rêvent tous les uns des autres.
Oui mais la morale dit qu'on ne doit pas coucher. Que si on couche et qu'on tombe enceinte alors ce sera bien fait pour nous. Qu'ensuite ce sera notre problème. Que la seule chose qui restera à faire ce sera d'accepter. De se résigner. D'apprendre où est notre place.
Et quand je dis "nous", je parle des étudiantes évidemment. Leur corps, leur problème. Et le privilège des médecins que de s'ériger en défenseurs de la morale et de la vertue.
Sincèrement, j'ai du mal à imaginer qu'à une époque, même les adolescentes se défiaient de l'avortement. Que c'était un acte non seulement pénalement répréhensible mais en plus moralement condamné. Qu'une société dans son ensemble préférait mettre des filles mères dans la rue et envoyer de nombreuses femmes à l'hôpital plutôt que de leur permettre de maîtriser leur avenir. Qu'on ait pu croire qu'interdire suffirait à faire disparaître.
Annie est étudiante en lettres. Annie est jeune et belle et elle a envie de se défier des carcans sociaux. Et bien sûr, Annie a un problème. Parce qu'Annie est enceinte et que chaque jour qui passe l'enchaîne un peu plus à ce fœtus qui grandit en elle.
Point de vue technique le film est en 4:3. Enfin je ne suis pas sûre mais enfin un format inadapté à la salle de cinéma, qui crée des gros bords noirs bien moches pour ne conserver qu'un carré de film au centre de l'écran.
La caméra est proche, trop proche d'Annie. Ce qui n'apporte rien sauf à la toute fin du film où on croirait pouvoir essuyer la sueur sur son front.
C'est bien joué. C'est bien écrit.
Et pourtant je trouve que ça manque de souffle et je ne suis pas persuadée de me pouvoir me rappeler du film si on me redonne son titre dans 6 mois!