En s'effaçant de toute réflexion sur "faut-il le garder ou non" afin de traiter du début à la fin le parcours du combattant auquel pouvait se retrouver confronté les femmes dans les années 60 et malheureusement après, c'est un périple qui ne semble jamais prendre fin que filme "l'évenement".
Audrey Diwan impose une réalisation forte, avec sa direction photo propre et très peu de coupes dans le montage, offrant des chorégraphies de caméra captant un grand nombre d'actions en une seule prise. Le film ne nous lâche ainsi jamais, et nous pousse à continuellement nous confronter à l'horreur de la situation. On ressent totalement l'isolement de notre personnage simplement avec un cadre 4/3 qui s'obstine à la bloquer contre les bords de l'image, l'étouffant autant que sa situation. Il est également intéressant et juste que Diwan installe une ambiance de guerre secrète par instants, donnant symboliquement à ses personnages un rôle de résistantes.
Avec son casting extrêmement solide (Anamaria Vartolomei porte tout le filme et la présence de Anna Mouglalis sublime le tout) et un traitement de son sujet direct mais jamais larmoyant, Diwan élève son film à bras-le-corps et l'imprime dans nos souvenirs pour un bout de temps. Bien que forcément le visionnage fut par moments compliqué, tout comme le film dans son entièreté, c'était nécessaire.