On a beau creuser, on a beau voir film après film, une bonne partie de l'œuvre cinématographique de Robert Bradbury avec l'espoir de voir un jour un film moins mauvais, rien n'y fait. Cet homme était décidément un authentique manchot, un authentique cul-de-jatte lobotomisé de cinéaste. Soyons précis, il y a de mauvais cinéastes comme Ed Wood qui prêtent à sourir tant ils sont touchants de naïveté, tant leur manque de talent touche parfois au divin et il y a Robert Bradbury qui a l'absence de talent chiante.

Le gros problème de Robert Bradbury c'est qu'il n'y rien à se mettre sous la dent dans ce film, non seulement au premier degré, ni à aucun degré suivant, même John Wayne fini par ne plus suffir à sauver les meubles, il sourit, roule des mécaniques, il est le seule acteur à exprimer autre chose que de l'ennui. Quand on l'a déjà vu plusieurs fois, jeune et fringuant dans de précédents films, la curiosité fini par disparaître. Alors film devient pénible, à la limite du supportable.

Il y a quand même une petite chose à sauver dans ce « truc », un pas grand-chose mais qui mérite un petit temps d'arrêt, à savoir l'incroyable culot de Robert Bradbury qui, dans ce film, doit mettre en scène un rodéo. Est-ce par manque de moyens ? Par manque de talent ? Toujours est-il que ce brave homme, toujours prêt à ce moquer du monde et en particulier des ses spectateurs, se contente de reprendre ce qui ressemble à des images d'archives d'un véritable rodéo avec vrais indiens, milliers de spectateurs, terrain de jeu immense. Il va même jusqu'à faire passer certains des concurrents du rodéo pour des personnages de son film. Il place de petits plans de coupe par-ci par-là avec ses vrais « acteurs » et le tour et joué.

Comment Robert Bradbury considérait-il son œuvre ? Était-il conscient de faire du film bas de gamme ? Il restera quand même une curiosité, celle de voir que John Wayne était un fidèle, un inconditionnel du réalisateur, comme quoi la jeunesse et l'ignorance peuvent amener même les plus grands acteurs aux pires errements. En-dehors, il ne reste rien à sauver, des histoires à deux sous, une incapacité frappante à rendre la beauté des paysages naturels de l'ouest sauvage dans lesquels ses films ont tous été tournés et des acteurs (à part John Wayne) qui, faute d'être bons ou d'avoir été dirigés, resteront pour la postérité des victimes collatérales d'un réalisateur sans talent.
Jambalaya
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le 27 mars 2013

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