Même si j'apprécie le travail de Lewis Teague, je m'attendais ici à une purge. En effet, un énième ersatz des "Dents de la mer" mais cette fois avec un alligator qui rôde dans les égouts de Chicago, sans mauvais jeux de mots, ça ne sentait pas bon. Et pourtant, ce n'est pas si mal que ça. Alors attention, propos à nuancer quand même : ce n'est pas si mal pour une série B de laquelle on n'attend pas grand-chose. Car l'histoire se base sur un schéma déjà-vu avec des personnages sacrément archétypaux. Parmi eux, le flic flegmatique qui se fout des règles, la docteure/scientifique/spécialiste qui est le seul personnage féminin du film (comme dans beaucoup de séries B de ce type) et qui n'est surtout là que pour être le love interest du héros et, comme dans "Les Dents de la mer", du politicard corrompu. Mais je trouve que le film est un bel hommage aux séries B des années 50 qui, elles aussi, faisaient la part belle aux animaux en tous genres génétiquement modifiés, enfin surtout à base de nucléaire parce-que la peur des américains dans les années 50, c'est les communistes et le nucléaire (spoiler alert : ça n'a pas tellement changé). Et même si les effets spéciaux sont bons relativement à la production et à l'époque, n'en reste qu'un film en demi-teinte. Car il ne se passe pas grand-chose pendant les quarante-cinq premières minutes (sauf un scénariste - le même que "Piranhas" d'ailleurs - qui semble faire une fixette sur les problèmes capillaires de ses personnages masculins) ! La police enquête sur des disparitions de chiens pendant qu'un labo joue avec la génétique et le spectateur a ainsi vite réglé la question ; du coup l'enquête piétine de notre côté. Heureusement, les scènes d'action, amusantes avec un regard contemporain, de la seconde partie restent efficaces. Bref, un alligator bien plus incroyable que le film dans lequel il s'illustre.