Film de Lautner vu il y a très longtemps (puisqu'inscrit dans mes tablettes !) à la télé (probablement) et dont je ne me souvenais plus. Le pire, c'est qu'en le revoyant, je ne faisais que découvrir le film : aucune réminiscence ni des acteurs ni du sujet.
Et pour cause, c'est une vraie déception. Alors qu'à la base, il y a un sujet en or. Une affaire politico-médiatique. Enfin oui et non. Une affaire plus ou moins policière dans laquelle la DGSE (sécurité extérieure), la police judiciaire (ministère intérieur) et les médias sont impliqués et imbriqués. Où tout le monde se fout sur la gueule et se renvoie la balle, le tout, à fleuret moucheté.
Surtout qu'en 1989, en termes de contexte, c'est le deuxième septennat de Mitterrand, c'est le début de la fin de la guerre froide, c'est les exploits du Rainbow Warrior (1985), c'est les attentats de la rue de Rennes (1986), c'est les médias en mode open bar où les gens sont jetés en pâture sous les feux des projecteurs de façon plus ou moins maîtrisée, etc … Et il est bien un peu question de tout ça. En vrac. Sans en être vraiment question.
Lautner et son scénariste (Didier van Cauwelaert) ont voulu faire une comédie satirique mais je pense qu' il aurait fallu rester dans une relative simplicité sur le sujet pour que cela puisse prendre chez le spectateur que je suis. Là, l'accumulation des situations foutraques donne le tournis dans l'imbroglio des services d'État qui se marchent sur les pieds et des médias qui se mêlent de tout en rajoutant de l'huile sur le feu.
Et pourtant il y avait de la matière.
Et pourtant il y avait une distribution excellente avec Victor Lanoux, Galabru, Jean Carmet, Éric Blanc, Jacques François, Renée Saint-Cyr, etc. etc. Et les numéros d'acteur, chacun dans leur domaine, sont même plutôt réussis. Foutraques mais réussis et parfois amusants. C'est donc l'assemblage qui cloche, le scénario qui en fait trop …
J'ai même senti une petite pointe de nostalgie chez Lautner puisqu'il ose introduire une scène des "tontons flingueurs". Une façon de s'avouer, en 1989, que les bonnes années, elles, sont passées.
Je trouve même terrible cette mise en abyme.