Moi qui me plaignais régulièrement que depuis la crise, les distributeurs n'osaient plus nous servir du cinéma sud-coréen, eh bien voilà un film qui m'a bien cloué le bec. Alors certes, comme tout bon film coréen qui se respecte, le soin apporté à l'image dans cette "Ivresse de l’argent" est très poussé... Mais bon... Niveau écriture et narration on atteint vraiment le fond du fond... Franchement, rarement j'ai vu au cinéma un script aussi didactique et inanimé. C'est limite si les personnages ne déballent pas les intentions de l'auteur pour chacun d'entre eux, sans artifice ni effort : « Bonjour madame. Je suis le héros qui entre dans une grande entreprise mais n'entend pas perdre son intégrité. – Ah cela tombe mal. Je suis la vieille sénile qui va vous corrompre tellement qu'au bout de 2h vous aurez retourné votre veste ! – Mais pourquoi faire cela ? – Parce que le capitalisme c'est mal et ça corrompt même les meilleurs ! Et vous pouvez me faire confiance à ce sujet : c'est un personnage binaire qui vous le dit. » Bon, c'est vrai je caricature beaucoup, mais au final, au niveau de mon ressenti, c'est à ça que j'ai eu le droit. Alors après, certains diront que je suis sûrement bien sévère à mettre un zéro pointé à un film qui est juste rigide plutôt que malhonnête. Certes, c’est peut-être vrai. C’est d'ailleurs ce que je me suis dis durant les vingt premières minutes. Mais bon, après plus d'une heure à ce régime, j'avais déjà dépassé de loin mon seuil de tolérance. Franchement, un tel niveau de fadeur, c'est juste insupportable. Alors peut-être y en aura-t-il encore quelques uns qui sauront se satisfaire d'un film qui parle coréen et qui présente de belles images, mais pour ceux qui veulent autre choses à l'écran que des acteurs indigents qui récitent des textes de manière monocorde le tout filmé par une mise en scène totalement désincarnée, alors "l'ivresse de l’argent" risque de vous refiler une sacrée gueule de bois.