Plutôt intéressant de découvrir ce sixième long-métrage réalisé par Claude Chabrol. On reconnaît immédiatement le style de l'auteur de la Nouvelle Vague, le sujet qu'il aborde ici est vraiment caractéristique de sa carrière avec cette histoire d'un écrivaillon s'exportant en Allemagne ou il fait la rencontre d'un couple dont le mari est un écrivain reconnu et son épouse, une attrayante jeune française. La narration se fait en grande partie en monologue intérieur, entre deux dialogues, celle du personnage principal assez malsain, ayant un Moi vil, projetant ses obsessions sur les autres, s'amusant intérieurement d'inepties ... jusqu'au drame qu'il provoquera par pure méchanceté. Le film est très noir, peut-être un des plus sombre au niveau de l'esprit dans la filmographie de Chabrol qui la plupart du temps ajoutait de l'humour, du détachement dans ses satires du milieu bourgeois mais ici il faut vraiment les chercher. Bien aimé la prestation de Stéphane Audran, rarement vue aussi radieuse que dans cet Oeil du malin. Chabrol ne fait pas une mise en scène trop stricte, il donne du mouvement et s'applique pour travailler autour des décors vraiment superbe, une des meilleures réalisations de Chabrol selon moi.