La Baraka
3.9
La Baraka

Film de Jean Valère (1982)

Jean Valère est un réalisateur dont je n'ai vu qu'un autre film "Mont-Dragon" avec Jacques Brel qui n'a rien à voir et est d'un tout autre genre. Difficile donc de tirer des conclusions sur le cinéaste.

Là, Valère met en scène un restaurateur marseillais (Roger Hanin), réputé pour sa bouillabaisse, qui vit entre une mère possessive (Marthe Villalonga) et sa fille. Lors d'un accident, un jeune homme (Gérard Darmon) secoure le restaurateur et devient son ami.

Tel que je viens de décrire l'histoire, on voit gros comme un camion le déroulé : le restaurateur, la mère possessive, la fille bonne à marier, le gentil garçon, le soleil, la mer et la bouillabaisse.

Eh bien non, parce que le film est une accumulation navrante de clichés.

Roger Hanin joue le rôle du pied-noir toujours pas remis vingt ans après de son départ de l'Algérie. Accumulant les poncifs habituels sur les arabes, sur l'argent qu'on claque (tellement on en a et tellement qu'il faut le montrer). Admirateur frénétique de Raimu qu'il cherche – désespérément - à imiter.

Son rôle de restaurateur avec sa faconde et sa tyrannie dans les cuisines est ce qu'il y a de mieux réussi dans le film. Ceci étant dit, je crois que je préfère la prestation de Bernard Fresson dans Garçon ! de Claude Sautet sorti l'année suivante. Parce que, pardon, là, on finit par se lasser des gesticulations extravagantes et méridionales du chef cuisinier … Au début, on se marre et puis à la n-ième incartade, … on se dit que le personnel d'un tel énergumène a bien du mérite à rester en cuisine, à se faire tirer l'oreille et se faire insulter … Moi, je serai allé voir ailleurs, vite fait sur le gaz …

Gérard Darmon joue le rôle du "sauveur" ; on découvre vite qu'il vit caché dans le maquis autour de Marseille car en délicatesse avec la police.

Spoiler : l'apothéose étant qu'on apprend qu'il est évadé de prison après avoir été condamné pour un crime (accidentel mais crime quand même) et qu'en plus, il a des origines arabes : quel pastis !

Un truc marrant, c'est la présence de Henri Tisot en pêcheur de rascasses (indispensables, comme on sait, pour la bouillabaisse). Pour rappel, Henri Tisot eut son heure de gloire dans les années 60 pour ses imitations du Général de Gaulle.

Et l'inénarrable et inusable Marthe Villalonga en mère possessive est efficace et convaincante comme d'habitude.

Pour résumer le film à ma façon, il y a vraiment trop de clichés, de stéréotypes usés jusqu'à la corde pour que j'adhère sur le fond au film. D'ailleurs, le scénario manque d'un peu de consistance ; il ne suffit pas de s'appuyer sur des contrastes forts entre les personnages pour faire une belle et bonne histoire. Il faut aussi un peu de liant …

Reste l'histoire de cette bouillabaisse au poulet que Roger Hanin veut mettre au point sous l'œil (très) réprobateur de sa mère, Marthe Villalonga. Mais là aussi, l'idée était bonne mais pas suffisante.


JeanG55
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le 6 nov. 2023

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