Bien décevant ce film dont je n'avais pas entendu parler et pour cause, c'est assez catastrophique sur de nombreux plans.
S'attachant à relater l'échec de l'Opération Shingle sur les côtes italiennes, on peine déjà à comprendre les enjeux de l'attaque faute de cartographie et de mise en contexte : l'objectif était de prendre à revers et d'affaiblir la ligne de défense allemande à l'est d'Anzio, qui bloquait l'avancée alliée en particulier autour du Monte Cassino. Rome se trouvait alors à quelques dizaines de kilomètres au nord-ouest de la plage.
Il a été beaucoup reproché au commandant américain de ne pas avoir investi directement la capitale italienne qui était pratiquement sans défense à la surprise du débarquement, au lieu de se retrancher pour se renforcer en attendant la contre-attaque, ce qui laissa le temps aux allemands de s'organiser bien plus confortablement.
Ceci tient beaucoup au fait rappelé dans le film, que Churchill lui-même concepteur de l'opération, traita plus tard le général en charge de "baleine échouée".
C'est omettre que l'opération n'était pas si bien conçue, les alliés en sous-nombre et sous-équipés par rapport à l'armée allemande. Prendre Rome aurait certes été une diversion efficace, toutefois il leur était en effet probablement impossible de tenir une telle position.
Mais ici bien sûr, on ne touche pas à la figure sacrée du grand Churchill, tout est de la faute d'un général trop timoré, quite à forcer le trait : l'opposition allemande des premières heures, bien que faible, est par exemple inexistante dans le film.
Côté réalisation on est également à la peine, Robert Mitchum et Peter Falk cabotinent dans des interactions toutes plus invraisemblables les unes que les autres à la limite du comique, on se contente d'une seule maigre scène de bataille où les attitudes des combattants sont incompréhensibles, les morts tombent en tournoyant comme des ballerines, les panzers sont en fait les mêmes M26 Pershing que les américains, recouverts de quelques branchages et affublés d'une croix germanique. M26 qui d'ailleurs ne sont apparus que plusieurs mois plus tard sur les champs de bataille, le côté historique n'étant pas la vocation. Assez classique pour l'époque, on est dans le cinéma évocatif plus que réaliste.
Par coïncidence je l'ai regardé dans la foulée de l'infameux "Berets Verts" de John Wayne, sorti la même année, soit en pleine Guerre du Vietnam. Si on a pu critiquer ce dernier pour son point de vue propagandiste assumé, il n'avait au moins pas la prétention de faire de la philosophie.
Parcequ'ici, on ne s'empêche pas de dilater sur la nature humaine en guise de conclusion :
si l'Homme avec un grand H fait la guerre, c'est parcequ'il aime tuer, oui m'sieurs dames.
Et si tout le monde acceptait ce fait, les hommes pourraient alors beaucoup mieux s'entendre. Certainement pour faire encore plus de guerres plutôt que la paix car voyez-vous, la guerre est une merveilleuse expérience qui vous fera vivre avec autant d'intensité qu'une balle qui traverse une poitrine.
On y rencontre de jolies femmes et on s'y fait de beaux souvenirs qui jamais ne pourraient vous traumatiser.
A oublier.