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le 31 juil. 2026
SuivreBouche sans mordant
En Thaïlande, cinq jeunes étudiants américains profitent d'un break bien mérité avant la vie active pour aller explorer les grottes isolées de "La Bouche du Diable". Problème, la tempête de la veille...
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En Thaïlande, cinq jeunes étudiants américains profitent d'un break bien mérité avant la vie active pour aller explorer les grottes isolées de "La Bouche du Diable". Problème, la tempête de la veille y a coincé un gros requin bouledogue affamé et qui va tout faire pour redonner ses lettres de noblesse à l'appellation des lieux...
Imaginez un peu: un shark movie nerveux et angoissant en mode spéléo-aquatique qui chercherait à tutoyer l'ambiance claustrophobe de "The Descent"! Vous avez l'idée en tête ? Cool, hein ? Eh bien, celle-ci ne se concrétisera clairement pas avec "La Bouche du Diable", interminable ratage qui ferait sans doute bien marrer Neil Marshall avec les coups de coude du pauvre faits à son œuvre la plus culte (la photo de groupe, l'inévitable scène à la fusée éclairante ou le hurlement cathartique final ici t.très gênant).
Qu'attendre d'autre de la part d'un tâcheron comme Jeff Wadlow de toute manière ? Après avoir signé certaines des pires Blumhouseries de ces dernières années ("Action ou Vérité", "Nightmare Island" ou encore "Imaginary", excusez du peu), personne ne semble avoir pensé à lui suggérer poliment une reconversion professionnelle dans le traitement de déchets ou, au moins, de ne plus poser le moindre doigt sur une caméra en vue de soulager de nos neurones car le voilà à nouveau incapable de pondre un long-métrage un poil correct autour d'un concept qui, pourtant, avait tout pour être a minima un sympathique plaisir coupable estival de requin sadique.
D'ailleurs, c'est un brin embêtant que la créature à aileron, censée être la star consacrée de que l'on appelle un shark movie, en soit d'abord réduite à deux ou trois attaques en quasi hors-champ pendant une heure de film avant de se dévoiler avec quelques coups de mâchoires malheureusement sans impact ou intelligence pour en faire ressortir quelque chose d'un tant soit peu novateur dans ce cadre souterrain (à peine sauvera-t-on peut-être la séquence de la galerie "gruyère" où le squale tente de passer une tête, et encore... le déjà pas fameux "47 Meters Down: Uncaged" avait fait mieux avec le même décor).
En réalité, la vraie chose que Jeff Wadlow a décidé de mettre en valeur dans "La Bouche du Diable" -avec la finesse éclatante d'un cachalot ivre au sein de ces grottes- c'est l'histoire d'une amitié toxique entre les personnages de Kathryn Newton et Lana Condor, voyant la première se laisser régir par l'emprise égocentrique de la deuxième sur son existence, et où ce combat pour la survie va permettre d'en inverser le rapport de forces... Passionnant, hein ? D'autant plus qu'au milieu d'autres seconds rôles idiots ou au mieux transparents (mention spéciale au grand nigaud qui veut appeler sa maman... mais qui dirait ça à voix haute dans une telle situation, QUI ??), le film parvient à rendre les deux héroïnes insupportables de bout en bout, et ce malgré toute la sympathie que l'on peut avoir pour leurs interprètes, en les dépeignant avec une accumulation de traits qui tiennent de la caricature la plus totale.
En misant donc avant tout sur une relation dysfonctionelle qui n'a absolument rien de crédible (de la phase de "l'abandon" en exposition à la rupture littérale du lien/corde en guise de résolution, on en vient réellement à s'imaginer en train de chevaucher le requin pour l'encourager à croquer tout le casting au plus vite) et en oubliant tout simplement la tension ou le fun du film de prédateur maritime qu'il pourrait distribuer, cette "Bouche du Diable" n'est constituée que de vilaines caries qui mériteraient d'être arrachées au plus vite. Hélas, Jeff Wadlow est aussi mauvais dentiste que cinéaste.
Créée
le 31 juil. 2026
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