S'en allant sur les traces de Kechiche, Stéphane Demoustier sort, un peu comme de nulle part, comme sur un coup de tête, ce petit film estival, au titre on ne peut plus prophétique en ces temps caniculaires. Mais l'ambition du réalisateur semble ici tout autre que celle d'une auscultation du désir amoureux et sexuel adolescent. Très vite, et ce grâce notamment à la jolie partition de Pierpaolo Saccomandi, épique et en tension, le film se colore de teintes sombres. La sexualité est alors vue à travers le prisme de la pression (des applications de rencontre, des jeunes du camping, des parents...) et résumée à des phrases lapidaires, qui ont au moins le mérite d'être explicites : "Si je baise pas aujourd'hui je me fous à l'eau...".
La mort, l'arrivée à l'âge adulte et le sexe, trois thématiques bien fécondes et largement explorées.
La Chaleur prend malheureusement parfois des allures de téléfilm de première partie de soirée, grâce au ton très inégal des comédien·nes, toutes et tous méconnu·es ou débutant·es, mais il se dégage malgré tout de ce thriller ensoleillé à la temporalité resserrée, la présence magnétique de certains personnages (de Claire - Sarah Le Picard -, la mère du prétendu disparu, à Giulia - Martina La Manna - et sa beauté qui met le temps en pause...) et une ambiance lourde et obsessionnelle qui parvient à capter l'attention. Tel un énorme fusil de Tchekov, Demoustier plane et tourne avec sa caméra légère et en des plans étirés et larges autour de ce trou de sable et de ce bunker, désormais symboles d'une innocence perdue. Si les tours du château de sable sont détruites, on continue de danser, de draguer, de bander, de se caresser maladroitement, de s'enfermer dans le mutisme de l'adolescence, alors que l'orage de la culpabilité menace au loin