Dans un contexte qui résonne particulièrement avec les épisodes de canicule que connaît actuellement la France, Stéphane Demoustier transforme "La Chaleur" en véritable personnage, omniprésent et oppressant. Sur les plages des Landes, Marouane, 17 ans, tente de profiter de sa dernière journée au camping. Mais une angoisse ne le quitte pas : le corps qu'il a enterré la veille dans le sable pourrait réapparaître à tout moment. Comme si cela ne suffisait pas, il découvre également les premiers émois amoureux auprès de Giulia, dans un été où culpabilité, désir et peur finissent par se confondre. Hadrien Hussein signe un premier rôle particulièrement magnétique. Tout en retenue, il parvient à faire ressentir le poids qui écrase son personnage sans jamais surjouer. Son regard inquiet et son jeu intériorisé portent une grande partie du film. La lumière, les plages brûlantes et les nuits moites créent un sentiment d'étouffement permanent. On ressent presque physiquement cette chaleur qui ralentit les corps et altère les décisions. Cette ambiance pesante accompagne parfaitement les errances de Marouane, constamment tiraillé entre son secret et son envie de vivre simplement son adolescence. C'est toutefois là que le film montre ses limites. À force de privilégier l'observation et les déambulations de son personnage principal, le film manque parfois de densité. Certains enjeux restent en suspens et le récit donne parfois l'impression de tourner autour de son sujet plutôt que de réellement l'approfondir.