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Un Lubitsch déchaîné !
La Chatte des montagnes offre une proposition énergisante et dynamique. Les personnages courent, glissent sur la neige, se battent ou dansent. L’une des premières scènes du film en donne...
le 22 déc. 2025
La Chatte des montagnes offre une proposition énergisante et dynamique. Les personnages courent, glissent sur la neige, se battent ou dansent. L’une des premières scènes du film en donne immédiatement le ton : des femmes en délire poursuivent Alexis, un Don Juan qui les abandonne. Cette longue séquence fait irrésistiblement penser aux Fiancées en folie.
L’histoire elle-même reste peu consistante ; elle ne raconte pas grand-chose, sinon une romance assez sommaire entre Rikscha, fille de brigands vivant dans la montagne, et le bourreau des cœurs qu’est Alexis. L’intérêt de l’œuvre est ailleurs : dans la réalisation inventive, originale et très soignée d’Ernst Lubitsch.
La Chatte des montagnes est notamment connue pour son utilisation des caches. La grande majorité des plans apparaissent enchâssés dans des formes noires ovales, rondes, déchiquetées ou ondulées. Les formes géométriques des décors, soigneusement pensées, associent des architectures anguleuses à des lignes courbes, tandis que la mise en cadre évite toute perspective stable ou frontale. Décors et costumes se signalent également par une omniprésence de têtes de mort, alors même que l’œuvre est tout sauf lugubre. Tous ces éléments confèrent au film une esthétique visuelle singulière
Tourné en 1921, quelques années seulement après la guerre de 14-18, le film est résolument antimilitariste. Il tourne en dérision les soldats, très éloignés de l’image de discipline germanique généralement associée à l’armée. Lubitsch expliqua l’échec commercial du film par le fait que les Allemands n’étaient sans doute pas encore prêts à rire de la guerre.
L’humour parsème le film, comme lors de ce discours où une jeune femme enamourée récite un poème à Alexis au nom des centaines de femmes présentes à son départ : « À toutes, tu nous as fait du bien ! » — ce à quoi le jeune homme répond avec une fausse modestie : « J’ai fait ce que j’ai pu ! ». Ou encore cette scène où un brigand, manquant à l’appel, explique à son retour qu’il était au cinéma, tandis que le chef des brigands se fait expliquer ce qu’est le cinéma.
La poésie n’est pas absente de cette œuvre satirique et burlesque. Elle affleure notamment dans la séquence du rêve de Rikscha, qui se voit danser avec Alexis sous forme de silhouettes évanescentes.
La Chatte des montagnes appartient pleinement au patrimoine du cinéma muet et mérite d’être connue pour l’audace et la cohérence de sa recherche esthétique.
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le 22 déc. 2025
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