Duo aux antipodes, cadre exotique, humour de caractère, avec un être un peu lunaire et lourdaud, confidences authentiquement touchantes, rapprochement inévitable, les ingrédients de La Chèvre sont aujourd’hui connus du cinéma français et d’ailleurs. Malgré certains aspects ancrés dans leur époque, le film séduit toujours en mélangeant aventure rocambolesque et situations comiques particulièrement irrésistibles.
Dans l’art de penser la comédie, de la conceptualiser, de réfléchir à des contextes favorables aux rires, Francis Veber fait autorité. Ce premier film associant Pierre Richard et Gérard Depardieu repose sur leur synergie et une certaine idée de la malchance. À ce dernier phénomène, le réalisateur tente d’y trouver du sens, de l’intérêt, avec un peu de folie, de grâce, beaucoup de passion et ce qu’il faut de tendresse, le tout accompagné par le génie de Vladimir Cosma et ses mélodies inoubliables. Le récit est construit autour d’une théorie selon laquelle un malchanceux tombera dans les mêmes pièges qu’une malchanceuse ayant été kidnappée, ce qui peut être pratique pour la retrouver.
Le candide désopilant
C’est d’abord le jeu de Pierre Richard (François Perrin), moins expressif et volubile que dans ses précédents films, où quelque chose de plus rythmé, presque musical et proche de la pantomime prédominait. Il s’agit ici de faire preuve de moins de voltige, de cabriole, afin d’évoquer une malchance qui est subie et non déclenchée par un comportement. Un exercice subtil se manifeste, qui peut être de l’ordre de la magie, de la fatalité, du destin, avec ses catastrophes systématiques. L’acteur joue un malchanceux n’ayant pas l’air de se rendre compte de sa malédiction, considérant que tout est habituel, quelque part normal, ce qui apporte une touche d’innocence et de candeur au personnage. Son pouvoir comique tient en grande partie au fait qu’il se met régulièrement au-dessus de sa condition, prend ses grands airs de meneur d’enquête alors qu’il a été choisi uniquement pour sa malchance. Une dichotomie s’opère entre ce qu’il croit être et ce qu’il est réellement, pour un résultat souvent désopilant.
Monsieur Meyer, qui vous connaît bien, nous a affirmé que vous aviez une sagacité, un esprit déductif peu commun.
François Perrin sort de son quotidien morose pour mener une vie d’aventurier, le long métrage étant également une épopée particulièrement stimulante dans la faune et la flore du Mexique. Le concept, très vite posé, laisse tout à coup place à une musique exotique, entraînante, ouvrant la voie aux deux héros vers un « périple » aussi épique que palpitant.
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Pour lire la critique complète : https://www.lemagducine.fr/cinema/films-classiques/la-chevre-film-francis-veber-10062047/?fbclid=IwAR2ZmdX9g4iyPMXxZISVccg6NA9IUYJJv-GMBeSC8a6fk3b82Dnq6Np9T5I
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