On m'avait promis La Cité De Dieu comme un film à la violence insoutenable, un choc cinématographique.
On me l'a aussi promis comme digne héritier d'un Scorsese ou d'un Tarantino.
Le problème est donc peut être qu'il est plus cette seconde option que la première.
Car en effet Fernando Meirelles privilégie pour traiter ce sujet, un sens réel de la narration, très scorsesien dans l'idée (comparaison juste) à l'humour féroce. En cela il est très réussi car conduit son récit sur deux heures sans jamais baisser le rythme, en accumulant les personnages tous très crédibles et en s'appuyant de plus sur la réalité. La Cité de Dieu réserve donc son lot de scènes cultes, de séquences cyniques ou l'on rit fort mais jaune.
Mais le film n'est donc pas frontal ; sa violence est très, au final, légère (lorsqu'on l'on voit le sigle - 16 apparaître sur son écran on s'attend à s'en prendre une en pleine poire), à l'exception d'une scène, marquante, où la violence faite par ces gangsters adolescents sur d'autres gangsters enfants est dure à s'avouer.
Mais par son rythme et sa mise en scène barrée, frénétique, dynamique, qui accumule effets visuels et de style géniaux et pirouettes scénaristiques, La Cité de Dieu est un bon film dans lequel on rentre vite et qui vient en cela titiller quelques grands films de mafia.