J'ai toujours du plaisir à découvrir une nouvelle proposition de Gabriele Mainetti, dont le cinéma se distingue par son inventivité et son ancrage dans des milieux populaires et marginaux.
La città proibita nous plonge dans le quartier multiculturel de l’Esquilino, où coexistent des populations venues d’Asie, d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Europe de l’Est. Mainetti en explore les marges et les zones plus sombres.
Le film reprend des codes variés — kung-fu, film de mafia, drame social — qu’il articule dans une forme hybride marquée par des contrastes de ton : excès, humour, violence, mais aussi moments de décalage et de poésie.
le réalisateur italien, aime mettre en valeur des personnages féminins forts : Matilde dans Freaks Out, Mei, experte en art martiaux, ici. Et ça me plaît car il le fait de façon authentique : rien de faux, rien de forcé, ça fonctionne bien.
Le rythme alterne séquences d’action et moments plus intimes. La scène où Marcello emmène Mei en scooter à travers Rome marque un basculement dans leur relation, mêlant légèreté et émotion : « Rome, c’est la ville des églises, des fontaines, des nids de poule, des pavés, des ponts… des trous de cul. Le meilleur guide, c’est moi ! »
Les combats sont traités de manière directe, parfois brutale. Ça fait mal à voir.
La musique occupe une place importante, jouant tantôt sur le décalage, tantôt sur l’accompagnement émotionnel.
Les personnages sont tous bien écrits, des principaux aux secondaires. Chacun apporte à l’histoire une tonalité propre.
Le film propose une forme qui s’écarte des standards dominants. À ce jour, aucune sortie en salles n’est prévue en France, ce que l’on peut regretter.
C’est la guerre, Marcello ! Il faut défendre chaque centimètre, comme dans ce dessin animé... Comment ça s’appelle déjà ? Celui des Gaulois, du village qui résiste à l’envahisseur avec une potion magique.
Astérix et Obélix.
C’est en plein ça ! Ce village, c’est nous.
Qui nous ?
Nous les italiens, les Romains !
Les Romains, c’est pas les méchants ?
Te perds pas dans les détails.