Un film qui donne mal à la tête, tant par sa longueur que par son aspect café du commerce.
Tout du long on observe des penseurs de bistrot au chômage uniquement occupés à créer des partis, syndicats, unions, collectifs, comités, sous-comités, assemblées, commissions, bureaux, coopératives, mutuelles et autres associations ayant pour unique but la parlotte incessante et stérile. Ce qui nous est montré est un enculage de mouche grotesque dans un moment où l'action doit primer par-dessus tout. Est-ce cynique ou le réalisateur est-il tellement en phase avec le discours politique qu'il en devient aveugle à l'absurdité de la chose ? (deuxième option)
Après 3 heures de visionnages, lorsque la deuxième partie débute, le film change de ton : les personnages et figurants discutent et étalent leurs opinions politiques en mettant en parallèle les conditions de vie du XIXème siècle et celles de l'an 2000. Ces scènes ont autant d'intérêt qu'un repas de famille sous Ricard. Le caniveau de la subtilité. Si Watkins souhaitait analyser la société moderne, dénoncer les institutions politiques et pointer du doigt les inégalités, l'écriture d'un livre aurait été la bien venue et se serait bien mieux prêtée à l'exercice.
Watkins prend parti et dirige ses scènes en supprimant toute la saveur promise au début du film : vision extérieure d'un événement historique mais aussi critique des médias et de la fabrique de l'opinion.
Résultat le film est déplaisant et irregardable. On amadoue le spectateur en lui vendant une "reconstitution historique" et on lui jette au visage des opinions politiques. Faire passer un message à des gens qui ne sont pas la initialement pour l'entendre nécessite d'y mettre les formes et non pas de l'hurler jusqu'au dégout.