La Corde au cou
6.5
La Corde au cou

Film de Gus Van Sant (2025)

Plus l’on avance dans le visionnage de La Corde au Cou, plus l’on se retrouve séduit par la légèreté qu’il dégage. Car même si le film conte le déroulé d’une prise d’otage ayant vraiment fait les gros titres fin des années 70, il ne fait que souligner l’absurdité la situation. Celle-ci se traduit principalement par la naïveté touchante de son personnage principal avec laquelle il se lance dans cette croisade contre un système l’ayant trahi. Nous le voyons ainsi faire face avec une préparation à la limite diabolique – explosifs dans son appartement, système du fusil digne d’un piège dans Saw… , empli de colère mais de temps en temps avec une certaine courtoisie. Cela crée un décalage amusant, qui amplifie la dureté de la situation. De ce combat entre un homme lambda et tout un système qui se fiche ouvertement de lui et de ses motivations. Il suffit de voir à quel point la police et le PDG qu’il vise, joué par Al Pacino, le prennent au sérieux sans pour autant s’affoler de ses revendications. C’est par ce décalage, outre l’aspect reconstitution soignée et l’interprétation habitée de Bill Skarsgård, que La Corde au cou parvient à séduire l’assitance. Par contre, je reprocherait au film un véritable manque de prise de risque. Car s’il se présente comme un film de prise d’otage en tout point soigné, il donne constamment l’impression d’être droit dans ses bottes. Dans le sens où il cherche à reproduire les faits sans pour autant aller au-delà du simple travail de reconstitution. Et cela donne un aspect impersonnel à l’ensemble qui, du coup, l’empêche d’avoir ce panache nécessaire pour le faire sortir du lot.

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