Faux thriller mais vrai fait divers retentissant, Gus Van Sant relate une singulière prise d'otage qui a eu lieu en 1977 et l’issue hallucinante d’un procès. Sous forme de huis clos entre un ravisseur qui réclame réparation d’une injustice et son otage, fils du responsable de l’injustice, le film questionne la justice sociale et en substance, le capitalisme, l’ultralibéralisme du « rêve américain ». La "Corde au cou" n’est pas que symbolique – c’est-à-dire comment un individu peut se sentir la corde au cou, étranglé par les dettes par un système qui ne défend que les puissants – elle est également celle bien réelle qui relie un fusil accroché au cou de l’otage. Le câble qui le retient fera partir le coup de feu si la police abat le ravisseur. Les médias sont aux premières loges. Le public prend parti dans le débat... Les dialogues entre les deux protagonistes, et entre la police et le kidnappeur ainsi qu’avec le DJ d’une radio locale composent essentiellement les différentes étapes des événements au rythme assez inégal. Dommage que la psychologie des deux protagonistes soit sous exploitée. Les émotions sont parfois freinées au profit de l’enchaînement des faits (notamment le lien empathique entre ravisseur et captif, deux hommes qui ont des problèmes avec leur père) ainsi qu’avec l’animateur radio, sorte de figure paternelle bienveillante. Le casting est excellent : Bill Skarsgård en kidnappeur sous tension anti-héros assez pathétique, Dacre Montgomery son otage, malmené psychologiquement par son propre père (Al Pacino, odieux) On peut souligner la référence bien entendu avec Un après-midi de chien de Sidney Lumet.