La crise n’est pas née de la dernière pluie et restera certainement encore d’actualité de nombreuses années. Il y a celle que l’on connaît bien maintenant, celle des marronniers des JT et puis celle dont je veux vous parler, celle qui s’est invitée au creux d’un paradigme existentialiste, il y a de cela, plus de 20 ans.


En vous promenant au cœur de cette Crise, vous y croiserez de beaux messages et de fabuleux/euses comédien-ne-s, qui signent ici, mine de rien, comme ça, tout en souplesse, sans qu’on y prenne trop garde, des interprétations grandioses.


A la même époque, j’aimais aussi le cinéma de Bacri et Jaoui, lorsque leur scénario à quatre mains épousait encore leur lit de noce commun. Je me sentais en sécurité dans leur cuisine, ce qui m’a attiré quelques dépendances, cherchant sans doute à débusquer, au travers de leurs personnages, un certain Air de Famille. Coline Serreau faisait aussi partie de cette tribu, signant souvent des épopées un peu loufoques, toujours prêtes à nous interpeller à grands coups de clichés parsemés de messages humanistes.


Dans ce voyage cinématographique, vous croiserez donc la crise existentielle de Victor (magistralement interprété par Vincent Lindon) qui fera probablement écho (c’est un peu le but..) à la vôtre, celle avec laquelle vous tentez de vous dépatouiller sans grand succès depuis trop longtemps. Victor n’est pas seul à traverser sa crise, son entourage aussi, ce qui donne lieu à certaines scènes cultes : la tirade de Zabou Breitman s’accrochant à sa liberté lorsque son copain déboule en pleine nuit pour emménager chez elle ou celle de Maria Pacôme, décomplexée, lorsqu’elle aborde la question de son trou du cul, qu’elle aime désormais partager avec un autre homme que son mari. Toutes les jeunes femmes devraient avoir accès à ses images car elles pourront résonner comme des offrandes de liberté tout au long de leur vie.


Cette œuvre, c’est enfin la mise en abyme, fine et avant-gardiste, d’un personnage français –Michou- qui marche dans l’ombre du racisme. Oui, Michou est raciste, il n’aime pas les "Arabes" mais Djamila c’est la femme de son frère, alors c’est pas pareil. Et puis d’abord, elle l’a élevé, c’est comme sa mère. Et Mohamed et Farid c’est des copains depuis l’école, c’est pas pareil pour eux aussi. Peut-être un poil caricatural, me direz-vous… Pourtant, plus de 20 ans après sa sortie (en 1992), la finesse du message mérite tout de même d’être soulignée..


Pour toutes ces raisons et parce que ce film a accompagné chaleureusement mon passage de l’enfance à l’adolescence, je tolèrerai difficilement la critique à son égard. Attention, chasse gardée ! Depuis, on peine parfois à trouver de nouvelles familles dans le cinéma français. Lorsque l’on commence à tenir ce genre de discours - comprendre : ce discours de vieux con réac - il est sans doute l'heure de retrouver les salles obscures.. Pendant ce temps là, je compte sur vous pour voir ou revoir l’un de mes bébés fétiches du cinéma français...

A_Peuvion-Weiss
10
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le 15 juin 2015

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