Jamais réticente à me plier à quelques défis, j'ai surmonté mon désamour d'Isabelle Huppert en allant voir La Daronne, de Jean-Paul Salomé. Et a mon grand dam, j'ai passé un très bon moment.. Passé les a priori qui entoure Isabelle fucking Huppert, je me suis surprise à lâcher quelques rires étouffés ! Ô miracle ! On se plait à se prendre d'affection pour Patience, une mère célibataire qui doit jongler avec le remboursement des dettes accumulées par son défunt trafiquant de mari, l'éducation de ses 2 filles, les mensualités hors de prix que lui coûte l'Ehpad dans lequel elle place sa mère un poil dingo (Liliane Rovère, ton humour aura raison de moi un jour!) et son job pas toujours passionnant de traductrice franco/arabe chez les stups.. Patience flirt entre la banalité de sa vie parisienne et son passé d'ex femme de dealer. Hantée par un passé bien plus bandant que son présent, et lasse d'attendre que sa vie ait un peu plus de sens, Patience décide de foutre le bin's dans sa vie en se lançant dans un petit trafic de drogues. On aurait pu craindre qu'une Isabelle Huppert dans le rôle d'une baronne de la drogue puisse frôler le ridicule, mais la blague tombe juste ! Sur quelques aspects, le film peut parfois nous rappeler Le monde est à toi de Romain Gavras, ou une autre Isabelle, (Adjani cette fois), jouait les daronnes loufoques dans une histoire de trafic de drogues tout aussi barge. D'un point de vue narratif, La Daronne est plus modéré et bascule beaucoup moins dans l'humour patachon ! Les fanfreluches d'Isabelle Huppert et le bazar dérangé qu'elle s'emploi à insérer dans sa vie suffisent à nous amuser ! Un film qui n'en fait ni trop, ni pas assez, un bon divertissement bien construit qui tient ses promesses !